Déjà 13 000 Wallons exclus du droit aux allocations

Claude Emonts, Président de Fédération des CPAS Wallons, parle de "duplicité du Fédéral"
Claude Emonts, Président de Fédération des CPAS Wallons, parle de "duplicité du Fédéral" - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Début d’année, syndicats et gouvernement fédéral avançaient des chiffres très différents sur le nombre de personnes qui allaient être exclues du droit aux allocations d'insertion à cause des nouvelles dispositions. Aujourd’hui, les CPAS disposent d’un premier décompte précis. Des chiffres préoccupants!

La FGTB prédisait qu’en 2015, 35 000 Wallons seraient exclus du droit aux allocations. Pour janvier et février, l’ONEM en confirme déjà un peu plus de 13 000. Moins qu’annoncé mais ce n’est qu’un début, selon Claude Emonts. Le président de la Fédération des CPAS Wallons signale que les chiffres continuent d’augmenter mais surtout, il craint une deuxième vague importante entre début juillet et début octobre, lorsque les jeunes de 18 à 25 ans termineront leurs stages d’insertion. A ce moment, dit-il, nous atteindrons le chiffre annoncé ou à peu près.

55% des exclus ont disparu des radars

Parmi les exclus du droit aux allocations, 35% environ ont obtenu une aide des CPAS. 10% n'y ont pas accès. Les autres ont disparu des écrans. Probablement par crainte ou par ignorance des démarches à effectuer. Quelquefois aussi parce qu’ils disposent d’une autre source de revenus.
En majorité, ceux qui sont dépannés par les CPAS sont le plus souvent des femmes, fréquemment en charge d’une famille mono parentale, des jeunes aussi qui cohabitent chez des parents, eux-mêmes peu en mesure de les aider.

Un pis-aller pour les exclus…

Ceux qui sont épaulés par les CPAS ont de toute manière vu leurs revenus disponibles fondre comme neige au soleil. Claude Emonts cite cet exemple: un ménage composé d’une grand-mère bénéficiant du revenu garanti aux personnes âgées, de sa fille avec ses enfants pouvait compter sur environ 2000€ par mois. Si la mère de famille perd son droit aux allocations, le ménage ne pourra plus tabler que sur 1100€.

… et des difficultés pour les CPAS

Il n’y a pas que les exclus du chômage qui sont à la corde. Les CPAS encaissent aussi le choc: le Gouvernement fédéral s’était engagé à compenser ce report de charges sur les pouvoirs locaux. En pratique, ce n’est pas encore le cas. Le ministre, explique Claude Emonts, réfléchit à la façon la plus juste de procéder à ce remboursement. Ce qui, entretemps, oblige certains CPAS à sabrer dans leurs coûts, notamment dans les politiques d’insertion professionnelle.
Le Président de la Fédération des CPAS Wallons parle de duplicité du fédéral dans ce dossier. Il laisse croire, dit-il, à une action efficace contre le chômage mais déplace en fait le problème vers les pouvoirs locaux.

@Carl Defoy

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