Agitation politique autour des fûts de déchets radioactifs à Dessel

Déchets stockés dans les bâtiments de Belgoprocess à Dessel.
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Déchets stockés dans les bâtiments de Belgoprocess à Dessel. - © Tous droits réservés

La découverte sur le site de l'entreprise de traitement de déchets nucléaires Belgoprocess à Dessel d'une substance gélatineuse se dégageant de cinq fûts provenant de la centrale nucléaire de Doel, et présente dans une quarantaine d'autres fûts, a suscité diverses réactions politiques vendredi matin, tantôt rassurantes tantôt alarmistes.

On apprenait ce matin que le béton de plusieurs fûts radioactifs entreposés sur le site de Belgoprocess, à Dessel, s'était mis à "mousser" et qu'une substance gélatineuse anormale avait été découverte. L'AFCN assurait immédiatement qu'il n'y avait pas de danger de contamination, ni pour les travailleurs du site, ni pour les riverains.

Anomalie gélatineuse

Cette substance avait été détectée pour la première fois en février dernier lors d'un contrôle de routine effectué par les experts de l'Organisme national des déchets radioactifs, chargés d'examiner les fûts entreposés à Dessel. Les contrôles vont alors se poursuivre sur ce type de fûts et au total, sur les 58 colis inspectés, 42 présentaient cette anomalie gélatineuse.

Pour Electrabel, d'où proviennent ces fûts, la substance serait issue d'une réaction interne au béton dans lequel les déchets sont immobilisés. Du côté de l'Agence de contrôle nucléaire, on indique que ce n'est encore qu'une hypothèse. "En tout cas, ça ne devrait pas arriver, ce n'était pas prévu. Cela pose des questions sur l'assemblage en béton."Des experts enquêtent sur l'origine exacte du problème et la suite à lui donner. D'autres examens et contrôles doivent encore être réalisés.

N-VA: la démonstration de l'efficacité des contrôles

Pour le bourgmestre de Dessel (province d'Anvers) Kris Van Dijck (N-VA), l'identification de cette fuite démontre l'efficacité et l'adéquation des contrôles. Il ne trouve pas illogique que la substance en question présente une faible teneur radioactive "car le fût contient évidemment, en plus du béton, des déchets radioactifs qui doivent être immobilisés par le béton". "Toutes les instances, y compris les autorités locales, ont été averties", a-t-il ajouté, réclamant une enquête et les mesures nécessaires pour éviter la formation d'une telle substance, en vue du stockage définitif de déchets nucléaires de faible activité à vie courte.

Open Vld: la nécessité de tirer les leçons de l'incident

Le président de la sous-commission Sécurité nucléaire à la Chambre, Willem-Frederik Schiltz (Open Vld), insiste pour sa part sur la nécessité de tirer les leçons de l'incident, une fois l'enquête conclue sur ses causes et responsabilités. Il souligne l'absence de danger pour les travailleurs de Belgoprocess, la population et l'environnement, ainsi que l'efficacité des contrôles. Willem-Frederik Schiltz compte toutefois réunir sa sous-commission le mois prochain pour débattre de l'incident. "Tous les fûts doivent être contrôlés au plus tôt", a alerté Kristof Calvo, député Groen à la Chambre. Il craint un problème structurel et en appelle à Electrabel (gestionnaire de la centrale de Doel), à Belgoprocess et à l'ONDRAF, l'organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies. Le député s'étonne de ce que les premiers problèmes aient été constatés en février alors que le ministre de tutelle, le secrétaire d'Etat à l'Energie Melchior Wathelet, n'a été averti qu'en août. Le dossier peut avoir des conséquences, notamment financières, souligne le député d'opposition, qui en appelle aussi à la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet.

Belga

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