Doel: "Les fissures actuelles n'ont rien à voir avec celles de 1979"

Des fissures dans les cuves des réacteurs nucléaires déjà signalées en 1979
Des fissures dans les cuves des réacteurs nucléaires déjà signalées en 1979 - © GEORGES GOBET - AFP

L'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) dispose bel et bien de données sur les fissures dans (les cuves) de Doel 3 et Tihange 2 détectées en 1979. "Cela se trouve dans nos archives", a reconnu jeudi la porte-parole Karina De Beule, en réaction à un article du journal De Morgen. Mais ces fissures n'ont rien à voir avec celles détectées en 1979, insiste l'AFCN.

"Ces fissures ont bel et bien été constatées à l'époque. Mais il s'agissait d'un autre type de fissures, dans un endroit très différent de (celui qui nous préoccupe) maintenant. Elles n'ont donc rien à voir avec les fissures actuelles", a déclaré Karina De Beule.

La porte-parole ajoute que la réaction à l'époque était similaire à celle d'aujourd'hui. "Une enquête complémentaire qui avait été réclamée a été menée à l'époque. Il s'agissait de défauts sous la doublure de la cuve du réacteur. Toutes les mesures ont alors été mises en œuvre et exécutées dans les années quatre-vingt. Lors de la construction et du démarrage de Doel 3 et Tihange 2, des conseils ont été recueillis à différents niveaux. Il y a et il y aura toujours des contrôles des parties sensibles."

La version du quotidien flamand

Les cuves des réacteurs nucléaires de Doel 3 et Tihange 2 connaissaient déjà des problèmes d'étanchéité en 1979, alors que les réacteurs n'étaient pas encore en fonction. C'est ce que rapportait ce jeudi le Morgen dans son édition du matin, citant ses propres archives de l'époque.

Un article daté du 5 janvier 1980 fait état de petites fissures dans les cuves, d'ailleurs reconnues au Sénat par le ministre du travail de l'époque, Roger De Wulf, écrivait le journal ajoutant que ce dernier avait, à l'époque, promis une enquête approfondie sur les risques, mais il a fallu attendre 1982 pour qu'une inspection ait finalement lieu (l'équipement devait venir de France). Si des erreurs, des "lacunes" comme cela est mentionné dans le rapport, ont bien été confirmées, les réacteurs ont tout de même été mis en service, pouvait-on encore lire.

"Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque"

Interrogé par le Morgen, le directeur de l'AFCN, Willy De Roovere, affirmait ne pas avoir "beaucoup de souvenirs de cette époque". "Étrange, car à la fin des années 1970, il dirigeait la construction et la mise en service de Doel 3 pour Electrabel", soulignait le quotidien flamand.

"Une mauvaise gestion évidente"

Toujours dans le quotidien flamand, Mycle Schneider, un consultant allemand spécialisé dans le nucléaire et conseiller auprès des gouvernements allemand, français et belge, parlait lui d'"une mauvaise gestion évidente". "Ils doivent avoir, au moins, une base de données avec tous les rapports d'inspection et les fissures découvertes dans la cuve du réacteur d'une centrale nucléaire. Le Parlement doit examiner cette question rapidement", ajoutait-il.

L'AFCN est donc allé vérifier ces données, d'où sa réaction.

Pour rappel, Doel 3 et de Tihange 2 sont actuellement à l'arrêt pour une période indéterminée, faisant l'objet d'un contrôle approfondi après l'apparition de fissures.

 

RTBF avec Belga

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