Des détenus en régime communautaire, dans le but de faciliter leur réinsertion : tout savoir sur les "maisons de transition"

Des détenus en régime communautaire, dans le but de faciliter leur réinsertion : tout savoir sur les "maisons de transition"
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Des détenus en régime communautaire, dans le but de faciliter leur réinsertion : tout savoir sur les "maisons de transition" - © Tous droits réservés

Ce lundi, une maison de transition ouvrira ses portes, en Belgique. "Cette maison de transition, baptisé Sterkhuis est un projet pilote qui durera un an. S’il est évalué positivement, il pourra être prolongé et étendu avec une centaine de places à travers le pays", a annoncé le cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens.

Un budget de 900.000 euros a été débloqué afin de mettre sur pied cette nouvelle structure. Une deuxième maison de transition verra également le jour à Enghien, dans le courant de l’année 2020. Dans un premier temps, la ville de Spa avait été pressentie pour accueillir cette maison de transition, mais la bourgmestre spadoise, Sophie Delettre, s’y est opposée.

Un lieu pour aider à la réinsertion des détenus

Concrètement, l’objectif d’une maison de transition est d’accompagner le détenu en vue de faciliter sa réinsertion dans la société, et de limiter les risques de retourner en prison. Ainsi, la vie en communauté y est privilégiée. Les détenus doivent préparer leurs repas, faire leur lessive et leur repassage, et ils doivent aussi préparer leur sortie et leur réinsertion dans la société, autrement dit chercher du travail ou une formation, prendre contact avec un centre de désintoxication s’il y a lieu, ou encore trouver un logement pour ne pas se retrouver à la rue.

Sur place, une équipe composée de psychologues, d’assistants sociaux, de criminologues, de coachs de vie, et autres spécialistes dans le domaine psychosocial est présente auprès des détenus. Leur objectif est de faciliter la réinsertion de ces détenus en fin de peine et également de veiller à ce qu’ils respectent le plan prévu dans leur projet de réinsertion. Si ce n’est pas le cas, ils peuvent décider de renvoyer le détenu en prison. Dans le cas de la maison de transition d’Enghien, par exemple, du personnel, dont la directrice, de la prison de Leuze-en-Hainaut, veilleront au respect des conditions du plan de placement.

Une maison de transition peut fonctionner selon plusieurs régimes. Celles d’Enghien et de Malines fonctionneront selon le régime communautaire ouvert. Autrement dit, elle ne sera pas entourée de hauts murs, de fils barbelés, et les détenus ne devront pas rester enfermés dans leur chambre. Une certaine liberté leur est donc autorisée, car "il s’agit souvent de détenus qui ont déjà bénéficié de permissions de sortie, et le principe d’une maison de transition est de faciliter justement la transition entre le régime carcéral et la société. Ce sont des détenus qui arrivent à fond de peine et qui sortiront de toute manière", précise Thierry Marchandise, juge de paix à la Louvière, et membre de la Commission de surveillance de la prison d’Ittre.

"Le premier pas vers une réinsertion du détenu"

La création de cette maison de transition est accueillie de manière très positive par les acteurs du monde judiciaire. "Ici, la maison de transition est située en ville. Cela rend les contacts plus aisés avec d’autres détenus et aussi vers le monde extérieur pour le détenu. Une meilleure socialisation l’aide à mieux se réinsérer dans la société", souligne Thierry Marchandise. Toutes les personnes travaillant dans le milieu pénitentiaire disent aussi que le temps passé dans une maison de transition est plus efficace, car il permet d’aider le détenu à comprendre comment il va retrouver sa place dans la société, pourquoi il est arrivé en prison, ce qu’il va faire à sa sortie de la maison… La réinsertion passe par ce questionnement. Au sein d’une maison de transition, il bénéficiera d’un encadrement psycho-social adapté pour l’aider à trouver les réponses à ces questions." Ce qui fait dire à ce magistrat que "la maison de transition, c’est le premier pas vers une meilleure réinsertion du détenu dans la société." 

Du côté de l’ASBL "Service d’aide sociale aux justiciables", on estime que ce projet pilote a le mérite de combler un manque de structures d’aide aux détenus, souvent livrés à eux-mêmes une fois sortis de prison. "Aujourd’hui, les travailleurs ne sont pas assez nombreux pour tous les accompagner dans leur réadaptation au monde hors des murs de la prison. Un centre de transition peut donc être opportun. Dans cette maison de transition, la personne peut aussi se poser. C’est donc plus qu’un Service", ajoute Serge Garcet, Président de ce Service d’aide sociale aux justiciables pour la province de Liège.

Direct d'Alisson Delpierre depuis Malines (JT 19h30)

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