Des demandeurs d'asile en viennent aux mains, un collaborateur de la Croix-rouge porte plainte

Le réfectoire d’un centre pour demandeurs d'asile à Sint-Niklaas.
Le réfectoire d’un centre pour demandeurs d'asile à Sint-Niklaas. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Vendredi, une centaine de personnes en sont venues aux mains dans un centre de la Croix-Rouge à Bourg Léopold, dans le Limbourg. Le lendemain, samedi, une autre bagarre, moins importante a eu lieu à Zwijndrecht. Des incidents qui restent minoritaires, mais qui sont sans doute accentués par la saturation du réseau d'accueil.

Les centres sont débordés et ça ne rend pas plus facile la cohabitation entre nationalités. 

Un collaborateur de la Croix-Rouge flamande travaillant au centre d'accueil de Bourg-Léopold, a porté plainte à l'encontre d'un des migrants y séjournant. Celui-ci était impliqué dans l'importante bagarre qui avait éclaté vendredi. Il aurait agressé verbalement le collaborateur de la Croix-Rouge et aurait eu des mots menaçants à son encontre, indique dimanche An Luyten, sa porte-parole.

Situation de stress

La Croix-Rouge flamande a fermement réagi à chaque fois. An Luyten souligne que ce genre d'événement n'est pas tolérable. Mais elle précise aussi que les tensions entre demandeurs d'asile sont compréhensibles. "Ce sont plutôt des gens qui se sont échappés d'une situation de guerre dans leur pays d'origine. Ensuite, ils arrivent ici dans des centres avec des gens qu'ils ne connaissent pas. En plus il y a des instances qui vont décider de leur futur. Tout cela crée du stress".

Promiscuité culturelle

Il n'est pas rare que six hommes, de nationalités et donc de coutumes différentes, doivent partager la même chambre. Et comme le réseau d'accueil est saturé, il n'y a plus de possibilité de leur donner un autre lit, si les conflits sont trop importants. Par ailleurs, dans certains centres, les solutions temporaires s'éternisent. "On a le centre de Ans par exemple où 200 places d'urgence sont mises dans un seul et unique hangar".

Renaud Mommaerts du département accueil des demandeurs d'asile de la Croix-Rouge tire la même conclusion : "Forcément, le rythme, par exemple, de couper la lumière à un certain moment, le fait d’entendre ce que la personne à l'autre bout du hangar dit, peut également être source de tension".

Dans les nouveaux centres mis sur pied pour faire face à l'urgence, des centaines de personnes arrivent en une fois, sans que des habitudes, des règles aient été instaurées progressivement. Et, puis, l'organisation d'activités passe au second plan, la priorité étant d'organiser l'infrastructure et d'offrir un toit. Tout simplement.

Réseau saturé

Même si le nombre de demandeurs d'asile qui arrivent sur notre territoire a considérablement baissé, Fedasil doit fermer 3000 places temporaires entre janvier et avril. Ils ont donc demandé à Théo Francken de demander à l'Office des Etrangers de ne plus enregistrer que 50-60 demandes par jour.

Les autres sont envoyés au centre de pré-accueil du WTC, où il y a de la place pour l’instant.

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