Des banquiers bientôt reconvertis dans les soins de santé... mais pas nécessairement comme infirmiers

De la banque aux soins de santé ?
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L'information peut vous paraître étonnante, et pourtant... Le secteur bancaire veut innover pour "recaser" ses employés vers d'autres secteurs. Une information du quotidien "L'Echo".

Au lieu de licencier et de prépensionner, les banques ont conclu un accord avec les syndicats pour favoriser la mobilité de leurs collaborateurs vers de nouvelles activités professionnelles: notamment les soins de santé.

"Protocole pour la mobilité des talents dans le secteur bancaire"

Le 19 décembre, syndicats chrétiens et socialistes des banques - pas les libéraux de la CGSLB donc! - ont en effet signé avec Febelfin (la Fédération belge du secteur financier) un protocole "mettant en oeuvre une initiative sectorielle de mobilité des talents dans le secteur bancaire".

Un texte qui doit permettre de faire face à la tendance actuelle et qui se prolonge de réduction de personnel pour cause de ralentissement économique, de digitalisation accrue des opérations et de transformation du métier dans les banques. Et ce, désormais en évitant le recours massif à des plans de départs anticipés et des prépensions coûteuses de travailleurs finalement payés pour rester à la maison.

Les banques entendent tenter la carte - lorsque la mobilité en interne n'est plus possible - de la mobilité externe vers des secteurs en pénurie d'effectifs. Jean-Michel Cappoen secrétaire général  SETCA-FGTB : "Nous cherchons en effet toute une série de possibilités pour faire en sorte que les gens ne perdent pas leur emploi et puissent se reconvertir, dans l'entreprise ou, le cas échéant, en dehors de l'entreprise, d'où ce projet pilote. C'est seulement lorsque l'on constate qu'il n'y a plus de possibilité dans la banque, ou à la demande expresse du travailleur, que l'on peut envisager d'autres possibilités en externe. Cela se fait en concertation avec les organisations syndicales, avec l'accord du conseil d'entreprise, et sur base volontaire du travailleur, sinon c'est un système qui permettrait de procéder à des licenciements sans contrôle ce qui n'est absolument pas le but de la démarche".   

Le tout se fera sur base volontaire donc, avec des formules de coachings individuels, des formations, des affectations temporaires pour tester le nouveau job, des formules aménagées aussi de transferts de travailleurs plus âgés et expérimentés avec partage des coûts entre ancien et nouvel employeur.

Dans le secteur des soins de santé

C'est en effet avec le secteur des soins de santé qu'un premier accord concret a ainsi été signé. Ce qui veut dire qu'à terme - après des formations souvent de 1 à 4 ans - que des banquiers pourraient devenir aide-soignants, infirmiers, même si on visera d'abord des profils plus de bureau comme le précise là aussi Jean-Michel Cappoen : "Il faut tout de même relativiser. Ainsi, côté soins de santé, très demandeurs en main d'oeuvre, les hôpitaux ont de grosses structures administratives, et nous voyons plutôt la reconversion éventuelle vers ces structures administratives de gestion, de formation, d'encadrement, de ressources humaines, et pas pour faire des banquiers, demain, du personnel soignant. Je crois qu'il faut rester quant même conséquents". 

En mars, le secteur bancaire doit organiser une vaste campagne d'information, avec pour objectif de voir les premières formations démarrer en septembre 2019.

Autre secteur concerné prochainement : celui de la logistique également en grande recherche de personnel. Les discussions là sont toujours en cours... 

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