Des artistes belges dénoncent le cumul impossible entre allocations de chômage et droit d'auteur

Ils sont artistes, auteurs, réalisateurs, acteurs, musiciens et scénaristes belges. Et aujourd’hui, ils interpellent le monde politique pour soutenir la profession et la création. Samuel Tilman, réalisateur-producteur, et Paola Stevenne, présidente du comité belge de la Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM), étaient les invités de Jour Première ce mardi.

Qu’ils soient auteurs de BD, de jeux vidéo, de livres, de cinéma, de documentaires, de fictions ou encore de musique, toute personne créatrice d’une œuvre touche des droits. « Il faut rappeler cela vient de la Révolution française, précise Paola Stevene. À un moment où des auteurs littéraires disent que comme les éditeurs, ils ont le droit de toucher de l’argent sur le fruit de leur travail ». Et c’est encore ce principe qui est appliqué aujourd’hui, bien que les montants ne soient « pas exorbitants », assure-t-elle. « Au-dessus de 4600 euros, l’ONEM demande aux artistes de rembourser leurs droits ».

C’est précisément ce que dénonce Samuel Tilman. En rendant impossible tout cumul avec, par exemple, des allocations de chômage, on freine la création : « Aujourd’hui, beaucoup d’artistes, de créateurs, d’auteurs, sont contraints de bénéficier de compléments de chômage. Ils ne sont donc pas au chômage toute l’année. On est intermittents : il y a des moments où on est payé, et d’autres pas. Les droits d’auteur sont donc une bouffée d’air pour ces créateurs ».

Or, à l’heure actuelle, les auteurs ne peuvent gagner que 300 ou 350 euros mensuels en plus par an, ce qui précarise toute une nouvelle génération d’auteurs. Certains ne peuvent pas encore se permettre de ne plus dépendre du chômage. « Une grande majorité des auteurs ont besoin de compléments de chômage encore aujourd’hui. C’est en outre une réglementation discriminatoire puisque quand on est au chômage, on a le droit de percevoir par exemple le loyer d’un bien immobilier. Mais pour un droit d’auteur, c’est non », questionne le cinéaste.

Prise de conscience

Le problème viendrait du manque de prise de conscience du dynamisme d’un tel secteur. Paola Stevenne en est convaincue. « Le fait qu’il y ait des auteurs permet qu’il y ait des bibliothécaires, qu’il y ait une télévision, une radio nationale, ou du contenu que l’on paie dans nos abonnements téléphoniques, etc. On est vraiment pourvoyeur d’emplois », assure-t-elle. Et Samuel Tilman d’enchérir : « La culture, c’est important parce que c’est aussi bien YouTube que le Grand Cactus ou les jeux vidéo…, c’est un éventail très large. Et derrière tout ça, il y a des auteurs », assène-t-il.

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