Des armes de la FN Herstal retrouvées sur des scènes de crime au Mexique

Des armes de la FH Herstal retrouvées sur des scènes de crime au Mexique
Des armes de la FH Herstal retrouvées sur des scènes de crime au Mexique - © ERIC LALMAND - BELGA

En dix ans, au moins 130 armes produites par l’entreprise liégeoise FN Herstal ont été retrouvées sur des scènes de crime au Mexique. Le pistolet FN Five-SeveN, notamment, est prisé des cartels, ressort-il de l’enquête "Forbidden Stories" menée entre autres par Le Soir, qui en publie ce volet jeudi.

Selon la presse locale mexicaine, c’est le Five-seveN qui, en mars 2013 dans l’Etat de Chihuahua, aurait fait feu à 18 reprises sur Jaime Guadalupe González Domínguez, journaliste et directeur du média en ligne Ojinaga Noticias.

Un Five-seveN fut aussi retrouvé en novembre 2012 sur les lieux d’une fusillade qui, opposant des soldats et des membres du cartel de Sinaloa, avait coûté la vie à un militaire et cinq civils.

Dans les 9000 documents relatifs aux achats d’armes par l’armée mexicaine obtenus par l’association américaine Stop US Arms To Mexico, il apparaît que la FN Herstal a envoyé au moins 8367 armes vers le Mexique entre 2008 et 2019. Il semble qu’au mépris des textes légaux plus de 200 armes à feu belges aient été délivrées aux polices municipales et fédérale du Mexique sans l’approbation du gouvernement wallon.

Les cartels quant à eux parviennent à se procurer l’arsenal en principe réservé aux militaires grâce au trafic transfrontalier avec les Etats-Unis.

Une arme sur 10 de la FN dans ces dossiers mexicains

L’analyse de près de 6500 mises en accusation pour trafic d’armes prononcées aux Etats-Unis entre 2006 et novembre 2020, partagée par l’association US Violence Policy Center (VPC) avec Forbidden Stories et ses partenaires dont Le Soir, établit que près d’une arme sur dix figurant dans ces dossiers a été produite par la FN Herstal. Et parmi celles-ci, 393 FN Five-SeveN.

Contactée par Le Soir, la FN Herstal a répondu qu’il n’était pas dans sa politique de "commenter ses activités par voie de presse" et qu’elle veille "au strict respect et à la mise en œuvre des réglementations en matière de contrôle des exportations".

Le cabinet du ministre-président wallon, Elio Di Rupo, en charge de la délivrance des licences d’exportations d’arme, a pour sa part signalé par écrit qu’il restait "particulièrement attentif aux licences à destination du Mexique". "Elles font l’objet d’analyses de la Commission d’avis sur la base des différents critères de la Position commune de l’Union européenne. Les licences qui ont été octroyées par le ministre-président ne sont destinées qu’à l’armée mexicaine et non à la police".

Les armes de la FN Herstal sont aussi utilisées au Yemen: images d'archives JT du 06/02/2019

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