Des amendes qui pourront aller jusque 200.000 euros: la lutte contre le "greenwashing" s’intensifie

Eva De Bleeker (Open Vld) veut en finir avec le "greenwashing". Pour se faire, la Secrétaire d'Etat à la protection des consommateurs publie un guide et prévoit un plus grand contrôle des entreprises qui usent de cette pratique, voire la possibilité de leur infliger des amendes s’élevant jusqu’à 200.000 euros.

 

 

C’est quoi le "greenwashing" ?

Issu de la contraction des termes "brainwashing" (lavage de cerveau) et "green" (vert, au sens écologique) le "greenwashing" est une méthode marketing. Apparut à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, il est aussi appelé "écoblanchiment" ou "verdissage" en français. Concrètement, cette pratique commerciale consiste pour une entreprise à communiquer auprès du public en présentant ses produits et services comme naturels, respectueux de l’environnement ou durables.

A grand renfort d’informations non fiables, de termes à double sens ou de pseudo-labels, ces entreprises usant du "greenwashing" espèrent séduire une clientèle toujours plus préoccupée par l’écologie. Comme l’explique Bavo De Mol, porte-parole du secrétariat d’Etat à la protection des consommateurs, "le respect de l’environnement et la durabilité prennent de plus en plus d’importance dans le choix des consommateurs. Par leur comportement d’achat, les consommateurs veulent contribuer à l’amélioration de l’environnement et du climat".

Le "greenwashing" peut prendre différentes formes. Par exemple une entreprise vend une lessive au "savon 100% naturel", "Bien pour vous & l’environnement", "recyclable à 100%" et met en avant un esthétisme du retour à l’ancienne, à l’époque où nos grands-mères lavaient le linge avec du vrai savon. Pourtant, sur l’étiquette indiquant la composition, des ingrédients artificiels, parfois toxiques et aux noms incompréhensibles se suivent. Méthylchloroisothiazolinone, phosphonates ou encore methylisothiazolinone… Bon pour vous et l’environnement, vraiment ?

Autre exemple, un déodorant présente l’absence de CFC dans son produit comme un bénéfice environnemental. Or, tous les déodorants doivent être sans CFC, comme l’exige la loi. Il est donc trompeur de sous-entendre qu’il s’agit là d’un avantage propre à ce déodorant.

Si le "greenwashing" est assurément un combat à mener, toutes les entreprises ne sont pas à mettre dans le même panier.

Un guide pour s’améliorer

Il faut "séparer le bon grain de l’ivraie, à savoir les entreprises qui se rendent coupables de certaines formes de "greenwashing" par ignorance d’une part et, d’autre part, les entreprises qui font sciemment de la poudre aux yeux" assure Bavo De Mol. Pour éviter au premier groupe de commettre de nouvelles erreurs assimilables à du "verdissage", un guide pratique va être publié. Toujours d’après le porte-parole, il comporte "des moyens de bien faire les choses : rédiger des messages proportionnés à la réalité, éviter les allégations qui ne sont pas pertinentes, fournir les preuves des allégations environnementales".

La contrepartie évidente à la publication de ce guide, c’est l’inflexibilité des autorités vis-à-vis des entreprises qui useraient toujours du "greenwashing". "Il est logique que les entreprises qui pratiquent encore l’écoblanchiment soient traitées plus sévèrement. Pour ceux qui sont conscients de ce qui n’est pas autorisé […] et qui continuent à bafouer les directives, une approche stricte est la plus juste" explique Bavo De Mol.

Télécharger "Note de presse- Eléments de reconnaissance de l’écoblanchiment"

Une amende dissuasive pour les plus récalcitrants

Dès lors qu’une allégation environnementale est fausse, trompeuse ou ne peut être vérifiée, elle s’inscrit dans le cadre des pratiques commerciales déloyales. C’est sur cette base juridique, contenu dans le Code du droit économique, qu’une amende, allant jusqu’à 200.000 euros, pourra être imposée aux coupables.

Pour lutter au mieux contre le "greenwashing", les allégations environnementales douteuses peuvent être signalées au point de contact de l’inspection économique par tout citoyen.

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