Dérapage budgétaire de 800 millions, à quelques jours du contrôle budgétaire

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Le contrôle budgétaire 2015 va bientôt commencer. Jusqu’à maintenant l'exercice ne s'annonçait pas insurmontable : croissance un peu moins molle, taux d'intérêt bas et même une bonne note de la part de la Commission européenne. Certains se sentaient même pousser des ailes. Dans différents départements les demandes étaient reparties à la hausse. Jusqu'à l'annonce par plusieurs journaux du trou dans les comptes de la Sécu. Alors qu’on s'attendait à un déficit de 516 millions, il faudra y ajouter 800 millions, soit plus d’1,3 milliard au total.

Un problème de recettes plus que de dépenses

Le problème se situe au niveau des recettes et non des dépenses comme ce pourrait être le cas avec un dérapage du coût des soins de santé ou une flambée des allocations de chômage. Ce sont bien les sources de financement de la sécurité sociale qui sont à la peine, et deux sources en particulier.

La première concerne les cotisations sociales. Le ralentissement de l'activité économique, les mesures de modération salariale et les efforts fournis pour réduire le coût du travail ont provoqué une baisse de deux milliards 200 millions de la masse salariale globale avec un effet direct sur les cotisations qui alimentent les caisses de la sécu.

Le constat interpellera sûrement le gouvernement lorsqu'il abordera les discussions sur la réforme fiscale où il veut encore réduire les charges sur le travail au profit de la compétitivité. Il devra veiller à ce que l'opération soit compensée non seulement fiscalement mais aussi dans le budget de la sécurité sociale.

Mais une autre source de financement de la sécurité sociale est aussi en panne. c'est la TVA dont une partie lui est ristournée. La baisse constatée dans le pouvoir d'achat des ménages privera la sécu de 200 millions cette année. La tentation ici pour le gouvernement sera de jouer sur une hausse des taux de TVA.

"Un chiffre auquel on ne s'attendait pas forcément"

C’est une très mauvaise surprise pour le ministre du Budget Hervé Jamar : "C’est un chiffre auquel on ne s’attendait pas forcément. C’est essentiellement le résultat des cotisations : des recettes moindres plutôt que des dépenses en trop. Donc nous devrons faire avec et trouver des alternatives. Les chiffres de lundi prochain (ndlr : ceux qui seront livrés par le comité de monitoring) seront totalement déterminants, suivant que la croissance est estimée à telle ou telle autre hauteur, suivant que d’autres montants sont réestimés. Il y a aussi toute la problématique des recettes fiscales et non-fiscales. Bref, beaucoup de paramètres interviennent" dit-il à la RTBF.

En attendant lundi

La grande partie du budget de la sécurité sociale provient des cotisations sociales. Des cotisations victimes de la modération salariale. En outre il y a moins de personnes au travail, donc moins de cotisations aussi. La baisse de la consommation est aussi une des raisons de cette chute des rentrées. 23% des recettes de la TVA viennent dans les caisses de la Sécu. Dans tous les cas, c'est bien le mode de financement de la sécurité sociale qui est en jeu, voire le niveau des prestations qui risque d'être revu, si le Gouvernement choisit de s'attaquer aux dépenses.

RTBF

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