Dépenses militaires: pour Jo Coelmont, "il est grand temps maintenant d'investir"

Bruxelles accueille cette semaine un sommet de l'Otan en présence de Donald Trump. Pour le président des Etats-Unis, c'est l'occasion de rappeler à ses alliés leur engagement à consacrer 2% de leur produit intérieur brut à leurs dépenses militaires. Donald Trump a même surpris les autres Etats mercredi en leur demandant de doubler cet objectif pour passer à 4% du PIB consacré à la Défense.

Pour évoquer cette question, Thomas Gadisseux recevait ce jeudi Jo Coelmont, ancien général de brigade de la force aérienne. Ce spécialiste de l'armée a été le représentant belge au sein du comité militaire de l'Union européenne.

L'alliance qui unit les pays membres de l'Otan a-t-il encore un sens aujourd'hui ? "Oui", répond d'emblée Jo Coelmont qui juge le traité "vital" pour l'Europe et "essentiel" pour les Etats-Unis. "Si l’Europe décide de lancer des opérations, à travers l’Otan nous avons un allié qui peut nous aider". Quant aux Etats-Unis, "ils ne veulent pas en arriver à une situation où ils devraient intervenir comme pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale."

Dans ce contexte, il faut compter avec le rôle joué par Donald Trump. Un président doté d'un caractère qui surprend parfois. "C’est la politique de Donald Trump : bouleverser pas mal d’éléments pour avoir gain de cause", estime Jo Coelmont. De là à vraiment réclamer un effort au-delà de 2%, comme il l'a souhaité mercredi ? "Il faut faire la distinction entre ce que dit Donald Trump devant les caméras quand il s’adresse à son électorat et ce qu’il dit à l’intérieur de la salle."

Une question de solidarité

Le spécialiste des questions de Défense le reconnaît : "Il faut une certaine solidarité, y compris en ce qui concerne le budget de la Défense. Pour pas mal de pays, le verre est à moitié rempli." L'ex-général de brigade rappelle alors que huit pays ont déjà atteint leur objectif de 2%. "La plupart se trouvent dans la fourchette de 1,3 à 1,5%."

Et la Belgique dans tout ça ? C'est un des plus mauvais élèves de l'Otan. "Pour l’instant, (nous en sommes à) 0,9%, avec une promesse politique d'augmenter notre budget dans les années à venir, couplé à un programme d’investissement de taille. C'est-à-dire l’achat d’avions de combat, de navires et de véhicules pour notre force terrestre."

Mais la Belgique a fait le choix inverse ces dernières années. Après une série de coupes budgétaires, peut-on encore espérer inverser la tendance ? Là encore, Jo Coelmont répond par l'affirmative. "Je crois qu’on est juste à temps. On a encore les capacités. Mais il est grand temps maintenant d’investir, sinon on va perdre notre expertise."

Un avion de combat pour les 40 années à venir

Vient alors l'épineuse question du remplacement des F-16. Qui choisir entre le F-35, l'Eurofighter ou les Rafales français ? Jo Coelmont reste prudent sur le meilleur candidat. Tout en rappelant l'importance de disposer d'avions de combat dont la durée de vie sera garantie pour une période de 40 ans.

Malgré tout, la Belgique n'est qu'un acteur parmi de nombreux autres. Et sur ce plan, la coordination entre Etats européens sera cruciale pour l'avenir de l'Otan. "On est trop fragilisé. On a besoin que les 27 livres blancs de la Défense soient coordonnés d’une façon à ce qu’on arrive à un livre blanc. Il faut libérer des budgets pour se doter des éléments stratégiques qui nous manquent."

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