Dépénalisation de l'IVG: "avancée historique" pour le MR, "loi rétrograde" pour l'opposition

David Clarinval (MR)
David Clarinval (MR) - © THIERRY ROGE - BELGA

Les débats sur l'IVG (interruption volontaire de grossesse) ont repris ce mardi après-midi en commission Justice de la Chambre. 

L'opposition progressiste a demandé la prise en compte de leur texte, mais cela leur a été refusé. 

La base de travail est donc le texte porté par David Clarinval, député fédéral MR. Le texte de la majorité gouvernementale retire l'avortement du code pénal. Mais la nouvelle loi qui sera créée maintient les sanctions pénales, la limite des douze semaines et les 6 jours de délai de réflexion. David Clarinval reconnait que c'est un compromis conclu avec les autres composantes de la majorité: "Certains peuvent estimer que cela ne va pas assez loin, d'autres que c'est déjà un pas. Mais je rappelle que le MR a toujours été attaché à la liberté de conscience et de vote sur les questions éthiques. En ce qui me concerne, je suis tout à fait prêt à aller plus loin lors d'une prochaine législature. Mais aujourd'hui je me tiens à cette proposition de la majorité qui est, je le rappelle, une avancée historique pour le droit des femmes".

Un leurre

Pour les partis progressistes de l'opposition les propositions portées par David Clarinval ne sont qu'un leurre et ne représentent en tout cas pas une dépénalisation de l'avortement. C'est ce qu’a dit Karine Lalieux (PS) au représentant du MR : "Aujourd'hui vous donnez votre nom à une loi que vous ne souhaitez pas voir appliquée ni respectée par les juges. Pire : vous redonnez vigueur à une loi de 1990; vous redonnez un signal au monde judiciaire".

"Aujourd'hui, M. Clarinval va porter le nom d'une loi rétrograde. On ne peut que souhaiter que beaucoup de médecins enfreignent la loi pour protéger les droits de la femme contre une loi inique. On savait déjà qu'au MR, il n'y a avait plus beaucoup de libéraux, on commence à se demander s'il y a encore des libres-penseurs", a déclaré Olivier Maingain (DéFI).

"Le maintien de la sanction de la femme est un maintien de la culpabilisation, franchement là, vous ne pouvez pas dire que vous dépénalisez", a estimé Muriel Gerkens (Ecolo-Groen). "La sanction pour le médecin peut se comprendre mais pas dans les conditions infligées par le gouvernement: les médecins ne veulent pas, notamment, informer des conditions d'adoption", a-t-elle ajouté.

Pour la majorité gouvernementale, l'essentiel est désormais de préserver la cohésion de la coalition. Et elle peut même compter sur le soutien franc et massif qu'apporte le cdH au texte.

Les articles seront votés les uns après les autres, comme les amendements. Mais le texte dans son intégralité ne le sera pas car le PS va demander une seconde lecture. Cela aura pour conséquence que le texte sera gelé pour 10 jours, avant d'être voté dans son intégralité en commission.

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