Denis Ducarme : "Je ne cumulerai pas si je suis élu président du MR"

Depuis quelques semaines, la campagne présidentielle au MR est lancée. Parmi les candidats, Denis Ducarme, actuel ministre de l’agriculture, des PME, des classes moyennes et des indépendants au gouvernement fédéral. Sur les antennes de la Première ce matin, il est revenu sur les soutiens affichés par certains barons du Mouvement réformateur à un autre candidat pour le poste de président, Georges-Louis Bouchez. Pas de quoi agacer pourtant Denis Ducarme! " Vous savez, il est très jaloux de sa liberté, le membre du Mouvement Réformateur. Et, il ne supporte pas qu'on fasse mine de trop tenir le crayon qu'il va utiliser pour remplir son bulletin de vote. Je sais que le militant MR va se positionner en fonction du projet et de la personne, mais pas car un tel aura exprimé sa préférence", assure-t-il. Le ministre libéral affirme également qu’il veut être un président à temps plein, s’il est élu. "Si je suis élu, je ne cumulerai pas avec mes fonctions de ministre. Je quitterai également mes fonctions de député. Je veux être un président à temps plein, si je veux travailler sur le plan d’une communication qui se veut plus pédagogique, qui explique mieux ce que nous sommes. Je veux qu’on soit un mouvement plus populaire, compris par tous".

Une "ligne" Ducarme ?

Sil est élu, Denis Ducarme veut notamment réaffirmer la vocation sociale du Mouvement Réformateur"Nous devons être au centre sur les questions de santé, sur le plan social. Nous devons répéter que nous n’opposerons pas les libertés aux solidarités. Je pense qu’on nous a nié notre ADN, notre vocation sociale. Je veux la réaffirmer avec force, que ce soit sur les questions de santé, que ce soit par rapport aux personnes atteintes d’un handicap, ou les personnes précarisées. Nous devons nous engager sur ce terrain". Sur les questions économiques, le libéral défend un positionnement plus "centre droit", autrement dit " la promesse libérale au centre droit, c’est mieux récompenser le travail. C’est veiller à ce que le travail soit moins taxé. C’est que le travail soit plus récompensé. C’est un engagement que je veux nous voir continuer à prendre et défendre", et face aux militants, il déclare également assumer ses positions plus à droite sur les questions régaliennes, comme par exemple la sécurité : "Je veux mieux protéger ceux qui nous protègent, c’est-à-dire les militaires, les policiers, les pompiers, et les ambulanciers, ceux qui risquent leur vie pour sauver la nôtre. Nous devons faire attention à les choyer aussi par rapport leur statut, les règles du bien-être au travail. De mon point de vue, c’est ça aussi mon positionnement à droite. Je veux prendre un engagement par rapport à eux."

Sur la question de la suppression du vote obligatoire d’ici 5 ans, auquel Georges-Louis Bouchez s’est déclaré favorable, Denis Ducarme veut ramener plus de démocratie au sein du MR."Je souhaite que les membres du MR soient plus consultés en ligne sur toute une série d’orientations à trancher, et si je suis élu président du MR, j’interrogerai les membres sur la question afin que le MR puisse prendre des positions à partir de sa base."

"Je suis favorable à la dépénalisation totale de l’avortement"

Le débat sur la dépénalisation de l’avortement est revenu sur la table des députés membres de la Commission justice de la Chambre. Cinq propositions de loi devraient être débattues à partir de la semaine prochaine. Elles visent toutes à aller plus loin que la loi actuelle, telle qu’elle avait été modifiée en octobre 2018 par la majorité suédoise (MR, Open VLD, N-VA et CD & V). Mais il reste des différences de taille. Du coup, une dépénalisation totale de l’avortement, telle que la réclament le PS, le PTB et Défi risque bien de ne pas réunir une majorité suffisante. Denis Ducarme, s’est lui positionné, en faveur de cette dépénalisation totale. "Nous avons encore une approche qui était liée au contexte politique de la majorité. Je pense que sur les questions éthiques, même si ça reste évidemment une liberté de se positionner en la matière, le MR a vocation d’être davantage à l’avant-garde."

"Charles Michel a préparé l'ensemble du gouvernement à son départ"

Dans Le Soir, Antoinette Spaak a réagi au départ de Charles Michel. Pour elle, il s'agit d'un abandon de poste. Une déclaration jugée excessive par le ministre de l'agriculture. " Nous sommes dans un gouvernement en affaires courantes. Et c'est une chance pour le pays de voir Charles Michel prendre la présidence du Conseil européen. Il tenait à s'y préparer, et il a préparé l'ensemble du gouvernement à ce départ qu'on savait imminent."

Enfin, les députés de la Chambre seront amenés, demain, à voter les douzièmes provisoires, un texte qui reprendrait aussi un amendement demandant de libérer des fonds pour engager du personnel soignant. "Oui, le gouvernement s’exécutera" assure-t-il. "On connaît la difficulté de ce secteur, mais il y a aussi des difficultés ailleurs. Il y a une réalité budgétaire dont il faut tenir compte. Et le fait de voir que le PS rejoindre un amendement du PTB, et du Vlaams Belang, est assez surréaliste. Mais, en effet, même s’il y a des questions techniques qui se posent par rapport à la rédaction de cet amendement, il y aura un vote des douzièmes provisoires demain qui intégrera cet amendement", conclut-il.

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