Denis Ducarme : "Il va falloir se repencher sur la manière dont fonctionnent les services de renseignements en Belgique"

Le député fédéral MR Denis Ducarme, interrogé ce jeudi matin dans Matin Première par Thomas Gadisseux veut voir chacun assumer ses responsabilités dans cette "affaire d’Etat" qu’est la fuite de Jürgen Conings. Repéré par les services de renseignements de l’armée, par l’OCAM (Organe de coordination pour l’analyse de la menace), il est pourtant toujours dans la nature, dangereux, et cela depuis dix jours.

"C’est un très gros problème : il y a des responsabilités à mettre au jour, sur le plan de nos services de renseignements, qui dysfonctionnent à nouveau et, sur le plan politique, il faut veiller à rendre des comptes".

Démission de la ministre demandée par le MR ?

Rendre des comptes, c’est-à-dire pour la ministre de la Défense, démissionner ? Non. Le MR ne le demande pas : "Nous sommes dans la même majorité. Mais la responsabilité politique, elle doit toujours exister. Un ministre c’est le chef de son administration". L’époque a cependant changé par rapport à cette responsabilité politique, "en d’autres temps, elle aurait démissionné".

Très grave, avant tout pour le député, est que "depuis 4 mois, on est face à une personne qui est potentiellement terroriste, qui prévoit de s’attaquer à un lieu de culte, et a accès à des armes de guerre et qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait !"

Il va falloir se repencher sur la manière dont fonctionnent et se structurent les services de renseignements en Belgique

Reste que, et c’est le plus important et inquiétant pour le député : on n’a tout simplement pas tiré les leçons des attentats de 2016 : "Pendant des mois, des informations sur un potentiel terroriste ne passent pas d’un service à un autre. Ça ne peut plus durer comme ça. Il va falloir se repencher sur la manière dont fonctionnent et se structurent les services de renseignements en Belgique".

Nouvelle commission d’enquête ? "Le rapport du Comité R le dira"

Et ne pas exclure une nouvelle commission d’enquête : "C'est le rapport du comité R qui va nous être transmis qui va nous dire s’il faut poursuivre". L’avantage d’une commission spéciale d’enquête, explique-t-il, c’est qu’on peut produire un certain nombre de recommandations, pour que le parlement puisse peser. Mais cela ne s’est pas fait suite à la précédente commission et "c’est ça qui peut lasser le politique, mais également le citoyen" : voir qu’on ne tire pas les leçons des attentats de 2016. "Il ne faut plus répéter ce type d’erreurs, qui met la sécurité des citoyens en danger".

Pas relativiser

"On aurait tort, aujourd’hui de dire que l’extrême-droite, c’est plus mauvais que l’extrême-gauche, que l’extrême-droite, c’est plus mauvais que l’islamisme, tout ça, c’est la bête immonde, ce sont des extrémismes qui doivent être regardés de la même façon, c’est l’hydre à 3 têtes de l’appel à la haine et on doit lutter de la même façon, au sein de la défense, au sein de la fonction publique, contre des personnes qui portent cette idéologie de la haine".

Le député fédéral et ancien ministre MR, aligné avec son président de parti, George-Louis Bouchez dont un tweet a récemment fait polémique ("non, il n’a pas comparé Jürgen Conings à un certain nombre d’islamo-gauchistes qui font de l’entrisme dans des partis politiques pour faire basculer leur approche par rapport à un certain nombre de signes religieux ostensibles") estime qu’il n’y a pas lieu de relativiser. Et de s’inquiéter d’entendre Théo Francken (ex-secrétaire d’Etat et député N-VA) craindre une "chasse aux sorcières" face aux personnes affichant des opinions "flamingantes" à la Défense.

Le problème, martèle Denis Ducarme, "ce ne sont pas les opinions politiques, c’est le passage à l’acte. Ici, on est face à un personnage qui était prêt à passer l’acte, à tuer ! Lui (Théo Francken) mélange les deux notions et je trouve ça très grave".

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