Démission de Steven Vanackere: "L'affaire ACW n'est pas terminée"

Démission de Steven Vanackere: "L'affaire ACW n'est pas terminée"
Démission de Steven Vanackere: "L'affaire ACW n'est pas terminée" - © RTBF

Le remplacement du ministre démissionnaire Steven Vanackere par l’inconnu Koen Geens était au centre de Matin Première ce mercredi matin. Tant le politologue Dave Sinardet que le journaliste Marc Reynebeau le soulignent : cet épisode ne met pas fin au potentiel de nuisance du dossier ACW/Belfius.

Koen Geens, le remplaçant de Steven Vanackere, est un ancien chef de cabinet de Kris Peeters. Peut-on en conclure que le remplacement du ministre des Finances renforce la "prise" de pouvoir du ministre-président flamand au sein du CD&V?

Confirmation de la prise de pouvoir de Kris Peeters au CD&V

Le rôle de Kris Peeters est déjà central au sein du parti démocrate-chrétien depuis les scrutins de 2009 et 2010, rappelle Dave Sinardet. Mais "désormais, il se profile comme le grand leader du CD&V pour [les scrutins de] 2014", analyse le politologue de l'université d'Anvers.

Selon ce dernier, le remplacement de Steven Vanackere par son ancien chef de cabinet peut être assimilé à une sorte de "putsch" de Kris Peeters.

Et indirectement à un nouveau renforcement de l'aile droite du CD&V, qui occupe désormais tous les postes clefs. "Il ne reste plus que Servais Verhestraeten" qui est secrétaire d'Etat aux Réformes institutionnelles au gouvernement fédéral, note Marc Reynebeau.

Le journaliste du Standaard relève que le dossier Dexia/Belfius a laminé l'aile gauche du parti chrétien flamand.

Les dangers du dossier ACW/Belfius ne sont pas écartés

Mais malgré la démission de Steven Vanackere dans le cadre de l'affaire ACW/Belfius, "le danger est toujours là", prévient encore l'éditorialiste. Koen Geens n'est pas "un ami de l'ACW" mais "il était l'avocat de l'ACW", relève-t-il. Même si le nouveau ministre a annoncé que son cabinet ne conserverait pas l'ACW comme client, "à nouveau les doutes" concernant d'éventuels "trafics d'influence" risquent de persister. "Donc, si des esprits malveillants le veulent", ils pourront prolonger la polémique, anticipe cet observateur avisé.

Un constat que partage Dave Sinardet. "L'affaire sur le fond n'est pas terminée", comme l'a notamment souligné Jan Jambon (N-VA). "Je crois que l'affaire restera à l'agenda de ceux qui l'y ont mis au départ", pronostique le politologue.

Une démission inévitable?

Si l'on en croit Dave Sinardet, tout le monde s'accorde sur le fait que cette démission n'est pas le fruit "d'une faute très claire" mais bien plus le "problèmes de communication", notamment autour des révélations concernant Wouter Devriendt (un membre du cabinet Vanackere qui était également administrateur de Belfius).

"Depuis ce week-end, il est considéré comme un facteur d'instabilité", note pour sa part Marc Reynebeau. "Toute cette affaire nuit au CD&V et ce n'est pas bon pour le gouvernement fédéral de conserver un ministre déstabilisé en son sein". Le journaliste du Standaard relève également que Steven Vanackere n'a jamais été un grand ambitieux et qu'il était déjà très usé par l'exposition que lui donnait sa fonction.

Mais au final, l'ex-ministre de Finances est tombé suite à "un problème de perception. Car il ne s'agit là que d'un tout petit aspect de grand problème Dexia (désormais baptisée Belfius, ndlr) qui reste là".

Etait-ce une erreur de casting de désigner Steven Vanackere comme vice-Premier ministre? "Le CD&V avait un problème: Leterme était parti, Marianne Thyssen était partie,... Il ne restait pratiquement plus personne. On le voit aujourd'hui, c'est un quasi inconnu, un technocrate qui le remplace. Cela exprime tout de même un manque de personnel au sein du CD&V", décortique Marc Reynebeau.

Un boulevard pour la N-VA?

Cette pénurie de cadres, couplée à la démission du ministre fédéral CD&V le plus en vue, le tout dans le cadre d'un dossier soulevé par la N-VA: une voie royale se dessine-telle pour le parti nationaliste en vue des scrutins de 2014? "Il faudra voir comment les choses vont évoluer", indique Dave Sinardet avec prudence. Il faudra attendre de voir si l'affaire ACW/Belfius reste dans l'actualité, "comment Koen Geens va s’en sortir comme ministre des Finances et comment Pieter De Crem va s’en sortir comme vice-Premier parce que là aussi, il y a un certain risque dans cette nomination".

Cela dit, cette démission surprenante pourrait aussi consolider une stratégie en cours au sein du CD&V, relève le professeur. "Il semble y avoir une stratégie du CD&V pour se repositionner plus au centre-droit depuis quelques semaine. Steven Vanackere ne coïncidait peut-être pas nécessairement avec ce positionnement –là. Avec Koen Geens et Pieter De Crem, ce sera plus facile de se positionner comme centre-droit et donc comme alternative à la N-VA", conclut-il.

Julien Vlassenbroek

 

 

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