Réactions à la démission de Charles Michel: "Que le Premier ministre paie les conséquences de ses actes"

Le départ de Charles Michel vers le Château de Laeken
Le départ de Charles Michel vers le Château de Laeken - © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

Charles Michel s'est rendu chez le Roi ce mardi soir pour présenter sa démission. Une réaction à la motion de méfiance déposée par le PS et le S.PA et co-signée par les Verts. Des partis qui n'ont pas tardé à réagir. 

Pour Ahmed Laaouej (PS) Charles Michel a été trop évasif et a sabordé lui même son budget. C'est ce qui a poussé au dépôt d'une motion de méfiance. 

De son coté Ecolo, signataire de la motion de méfiance explique qu'il ne souhaite pas d'élections anticipées.

Le CDH n'avait lui pas signé la motion de méfiance, estimant plus opportun de laisser 48 heures au Premier Ministre pour préciser ses intentions.

Pour DéFi, "cette chute était inéluctable". "L'appel du Premier ministre n'a même pas convaincu ses partenaires de gouvernement. Aujourd'hui, le Premier ministre n'a plus la main", a souligné M. Maingain.

"L'issue, c'est un gouvernement en affaires courantes jusqu'en mai. Cela n'empêchera pas le parlement d'adopter certaines propositions, notamment en matière de pouvoir d'achat. Je ne ferai pas la politique du pire, je ne chercherai pas à déstabiliser les institutions comme certains ont tenté de le faire", a-t-il ajouté.

Sans surprise, du côté du MR on regrette l'issue de cette journée. "L'opposition socialiste et écologiste voulait un trophée et l'a eu", a estimé le chef de groupe MR David Clarinval. 

"Il y a eu un refus de la main tendue alors que le Premier ministre avait été très loin dans des propositions concrètes" de coopération avec le parlement, notamment sur la baisse de TVA sur l'électricité, le pouvoir d'achat, l'accord interprofessionnel, a ajouté M. Clarinval. "On a bien compris durant l'interruption de séance que l'opposition voulait la tête du Premier ministre, cela a été confirmé avec l'annonce du dépôt d'une motion de méfiance".

A présent, le MR n'est pas demandeur d'élections anticipées, a indiqué M. Clarinval. Il appartient au Roi de s'exprimer. Il existe plusieurs pistes dont les affaires courantes, a-t-il ajouté.

"Il y a eu un refus de la main tendue alors que le Premier ministre avait été très loin dans des propositions concrètes" de coopération avec le parlement, notamment sur la baisse de TVA sur l'électricité, le pouvoir d'achat, l'accord interprofessionnel, a ajouté M. Clarinval. "On a bien compris durant l'interruption de séance que l'opposition voulait la tête du Premier ministre, cela a été confirmé avec l'annonce du dépôt d'une motion de méfiance".

A présent, le MR n'est pas demandeur d'élections anticipées, a indiqué M. Clarinval. Il appartient au Roi de s'exprimer. Il existe plusieurs pistes dont les affaires courantes, a-t-il ajouté.

"Examiner ce qui est dans l'intérêt du citoyen"

Le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters a dit espérer que le gouvernement sera en mesure de traiter un certain nombre de dossiers importants en affaires courantes, comme le Brexit et l'accord interprofessionnel.

Le CD&V ne craint pas des élections anticipées, si elles sont organisées, a ajouté M. Peeters. Mais la situation est "très grave", selon lui. Il s'explique: "Les chances sont grandes que le Brexit n'aboutisse pas sur un accord et cela aurait des conséquences majeures pour notre pays."

Mais il évoque également les négociations sur l'accord interprofessionnel. "La question est de savoir ce qui peut encore être fait si on se retrouve en affaires courantes." "Ou bien nous aboutirons à des élections anticipées, ou bien nous serons en affaires courantes", explique t-il.

"Je ne crains pas des élections anticipées, mais nous devons examiner dans le calme ce qui est dans l'intérêt des citoyens et des entreprises", souligne-t-il.

Le président du CD&V a également réagi sur Twitter: "le Premier se rend chez le Roi. La main tendue au parlement a été refusée. Espérons que certaines personnes réfléchiront pendant ces sombres jours de Noël. Personne n'en sort gagnant." 

Le sp.a rejette la responsabilité finale sur l'Open Vld

Comme son homologue PS Elio Di Rupo, le président du sp.a John Crombez rejette la responsabilité finale de la chute du gouvernement Michel sur l'Open Vld. Le tweet de sa présidente Gwendolyn Rutten faisant du budget et du jobsdeal des points d'attention alors que le Premier ministre Charles Michel les avait soumis à la concertation parlementaire a été le coup fatal, a estimé John Crombez.

"Le Premier ministre est venu au parlement avec une liste de mesures demandées depuis des années par le parlement mais l'Open Vld est venu enterrer cette piste", a-t-il indiqué dans l'émission Terzake (VRT).

John Crombez s'est dit très étonné par les propos de Charles Michel à la Chambre mardi après-midi. "J'ai suivi cela à distance et j'entendais point par point ce que nous et d'autres partis de l'opposition demandions depuis des années: une baisse de la TVA sur l'électricité, une revalorisation des pensions, c'était une sorte d'aveu d'échec".

Mais tout aussi stupéfiant, l'Open Vld est ensuite venu enterrer l'ouverture du Premier ministre, a analysé le président du sp.a.

La N-VA ne veut pas de cinq mois de chaos

La N-VA espère qu'on ne se retrouvera pas avec "cinq mois de chaos", a indiqué le chef de groupe à la Chambre Peter De Roover selon qui "il ne faut pas avoir peur du jugement de l'électeur".

"Il n'y avait visiblement pas de plan B", a constaté le chef de groupe N-VA Peter De Roover dont le parti a quitté il y a dix jours le gouvernement Michel devenu minoritaire.

"Tenter un petit virage à gauche n'a visiblement pas convaincu", a-t-il ajouté, assurant ne pas verser dans l'euphorie.

Peter De Roover a répété avoir été prêt à soutenir les accords de la coalition suédoise moyennant certaines garanties qui ne sont pas venues.

"Si j'entends ce que le Premier ministre a annoncé dans son catalogue, on peut comprendre à quel point nous étions méfiants", a-t-il ajouté. "Nous n'aurions absolument pas pu nous retrouver dans une ouverture à gauche".

"Qu'il paye les conséquences de ses actes"

L'ex-secrétaire d'Etat Theo Francken (N-VA) s'est, de son côté, montré corrosif vis-à-vis du Premier ministre démissionnaire. "Qu'il paye les conséquences de ses actes", a-t-il lancé dans une petite vidéo sur Facebook.

"Le Premier ministre a laissé tomber, c'était inévitable après avoir flanqué la N-VA à la porte", a-t-il réagi. Il a cru, après avoir bénéficié d'un large soutien parlementaire pour le pacte de l'Onu sur les migrations, "qu'il disposait de la majorité des deux tiers à la Chambre". Mais "il a échoué, qu'il paie les conséquences de ses actes", a-t-il conclu.

Theo Francken a dit "regretter profondément" que Charles Michel a dû proposer au Roi la démission de son gouvernement parce que... "pendant quatre ans et demi nous avons parfaitement collaboré".

Une situation qui ne plaît pas à la FEB

La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) regrette profondément la situation d'incertitude politique entrainée par la démission du gouvernement Michel. "Les entrepreneurs et les investisseurs ont horreur de cela", a réagi le patron de la FEB, Pieter Timmermans.

"De nombreux dossiers étaient presque ficelés et attendaient leur approbation en séance plénière. Comment savoir ce qui va se passer maintenant? C'est comme lire dans le marc de café", estime M. Timmermans.

"La situation politique actuelle est celle de l'incertitude, que détestent toujours les entrepreneurs et les investisseurs. Ce qui est regrettable. L'absence de traitement de dossiers tels que l'accord interprofessionnel représente une occasion manquée", selon le patron de la FEB.

La FEB a fait savoir qu'elle suivra de près le développement de la situation dans les prochains jours.

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