Delphine de Saxe-Cobourg : "Je ne demande pas qu'on m'appelle Son Altesse Royale, je voulais juste être comme mon frère et ma sœur"

Delphine de Saxe-Cobourg Gotha était l’invitée de Matin Première ce lundi. Au micro de la matinale, celle qui a été reconnue membre de la famille royale de Belgique à l’issue d’un procès qui aura duré sept années. Elle a obtenu le 1er octobre le titre de princesse ainsi que le patronyme "Son Altesse Royale", tout comme ses enfants, Joséphine et Oscar. "Très heureuse" suite à la décision de la cour d’appel de Bruxelles, elle estime toutefois qu’elle "aurait aimé que tout ceci soit fait avant toutes ces années".

"Bonjour Delphine de Saxe-Cobourg", c’est ainsi que doit désormais être accueillie celle qui s’est d’abord fait connaître sous le nom de son père d’adoption : Delphine Boel. La reconnaissance de sa filiation avec le roi Albert II est une libération pour elle. "J’ai un sentiment comme si j’avais le droit d’exister. Pas d’exister dans la famille royale mais en tant que moi, a-t-elle déclaré. Ma décision d’appeler à l’aide par le droit, je sens aujourd’hui que c’était le bon chemin, la chose juste à faire."


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Lors d’une interview en sortie d’audience, l’avocat d’Albert II avait indiqué que Delphine revendiquait, entre autres, le port du titre de Princesse de Belgique, qu’il estimait être un "accessoire". Va-t-elle alors exiger que le patronyme "Son Altesse Royale" soit systématiquement attaché à son nom ? "Je ne demande pas qu’on m’appelle Son Altesse Royale, répond-elle. C'est juste être pareille que mon frère et ma sœur."

Célébrité de la honte

Celle qui s’est juridiquement fait une place aux côtés de Philippe, Astrid et Laurent estime qu’elle est aujourd’hui "apaisée". "Il y a un grand apaisement, le système judiciaire a dit que j’avais raison et que j’avais le droit d’exister", se félicite-t-elle. Elle revient aussi sur son parcours, jalonné d’obstacle dans la reconnaissance de la paternité d’Albert II.

"Je suis devenue connue par un scandale, pas parce que je chante ou que je suis une actrice", rappelle Delphine. Mais elle estime que son parcours pourrait inspirer d’autres personnes dans la même situation qu’elle : "Ce qui est beau avec ce chemin, c’est que ça prouve que si on le fait pour les bonnes raisons, on gagne."

Au-delà d’une victoire judiciaire, c’est un message que l’artiste souhaite véhiculer. Elle insiste pour que dans des situations comparables à celle qu’elle a vécue, "on ne pointe pas l’enfant". "Ce n’est pas de sa faute, il ne demande pas d’être né. Il ne faut pas traiter l’enfant qui vienne d’une histoire amoureuse en dehors du mariage comme s’il était différent, il n’est pas différent", martèle-t-elle.

Aucun contact avec Albert II

Depuis le 1er octobre et la décision de la cour d’appel, Delphine et Albert ont-ils échangé. "Non", répond Delphine de Saxe-Cobourg. Elle lui souhaite toutefois "une très bonne santé et plein de bonheur". Comment voit-elle alors le "déni" dont a fait preuve le monarque depuis toutes ces années qui ont finalement abouti à une décision en la faveur de Delphine, reconnue comme la fille légitime d’Albert. "Je ne comprends pas car moi-même je ne suis pas comme ça", assène-t-elle.

"Personnellement, je n’aime pas dire que je suis une victime car psychologiquement je ne suis pas une victime mais un peu quand même", se défend l’artiste. D’autant que la situation particulière d’Albert II a mené Delphine sur le devant de la scène et jusqu’aux unes des médias. "J’ai essayé de régler ce problème en secret pendant des années mais tout était compliqué. J’étais toujours un peu un mouton noir qui dérangeait, c’était invivable."

"Albert aurait pu avant d’aller à ce dernier tribunal, lui-même venir et communiquer", déplore-t-elle avant de préciser : "C’est spécial comme situation. C’était privé mais comme c’est quand même le roi, ce n’était plus privé." C’était en 2001, alors que l’affaire éclate que Delphine a les derniers contacts avec son père biologique. Une dernière conversation dont elle garde de "bons souvenirs", assure-t-elle.

Nouveau nom pour une nouvelle vie ?

Nouveau nom, nouveau patronyme, nouvelle famille, la décision judiciaire a officialisé une série de nouveautés pour Delphine. "Je vais garder mon nom, Delphine, comme depuis le début, s’enquiert la fille d’Albert II. Delphine Boel était déjà très lourd. J’ai dû le prouver mais maintenant avec le titre de princesse, cela ne va pas m’aider, je suis déjà établie comme artiste. Mon art c’était ma voix, je n’avais pas de voix avant."

"Jacques Boel est bien plus riche que la famille royale. J’ai dit que je voulais juste la même chose que mon frère et ma sœur", ajoute-t-elle.

Si l’histoire, le destin et surtout la victoire de Delphine Boel face à son père ont passionné les Belges pendant plusieurs années, Delphine n’exclut pas de publier un livre. "Peut-être un jour, j’espère pouvoir laisser ce message pour les autres, c’est important. Je me laisse faire et on verra ce qui sort", s’amuse-t-elle avant de conclure qu’elle ne cherchera pas à entrer en contact avec Albert s’il ne le souhaite pas : "Il faut grandir, il faut avancer dans la vie."

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