Dégressivité des allocations de chômage: inefficace et injuste ?

Mise au Point
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Mise au Point - © Pierre Kroll

L'étau se resserre sur les chômeurs. Les allocations vont diminuer progressivement pour la moitié des chômeurs. Qui seront les chômeurs touchés ? La dégressivité va-t-elle limiter les abus ou cela va-t-il précariser les demandeurs d'emplois ? Le débat de Mise au Point de ce dimanche faisait le tour de la question.

En Belgique, plus de 400 000 personnes percoivent chaque mois une allocation de chômage. Mais d'ici peu, les règles vont changer: certaines allocations vont devenir dégressives. 

En résumé: plus le chômeur tardera à retrouver un emploi, mins il gagnera d'argent.
 
Une mesure que défendent les partis de la majorité: "Il ne s'agit pas de stigmatiser les personnes qui tombent dans le chômage", précise Christine Defraigne. "Quand on tombe au chômage, c'est un accident de la vie. Quand on est confronté à un accident, il faut une assurance. Et cette réforme va dans le sens d'une plus grande assurance: la notion d'assurance chômage est renforcée par cette réforme", lance la sénatrice libérale. 
 
Pour Benoît Cerexhe, ministre cdH bruxellois de l'Economie et de l'Emploi, la mesure est intéressante: "On va inciter le demandeur d'emploi à retrouver plus rapidement un emploi en augmentant au début les allocations et puis en les diminuant progressivement", explique-t-il sur le plateau de Mise au Point.
 
Mesure inefficace et injuste ?
 
Pour d'autres, cette réforme ne règle rien et elle risque surtout de grossir les rangs des CPAS. Pour Philippe Defeyt, président du CPAS de Namur, la mesure est "inefficace", dans le sens où "réduire les allocations de chômage ne va jamais créer un seul emploi en plus". Selon l'Ecolo, la mesure est "injuste" parce qu'elle va probablement peser "davantage sur les femmes, sur les jeunes et les chômeurs les plus fragiles".
 
Même constat du côté du secrétaire général de la CSC Claude Rolin. Selon lui, la mesure de dégressivité ne changer "absolument rien". "Elle ne permet pas aux gens de remettre le pied à l'étrier. Au contraire, elle les marginalise et les précarise", s'exclame-t-il. 
 
Tous s'accordent pourtant sur un point: il faut accompagner les demandeurs d'emploi dans leur recherche de travail. Pour éviter qu'ils sombrent dans la pauvreté ou dans le cercle vicieux du chômage de longue durée.
 
AdC avec Caroline Hick
 
Olivier Maroy et Thomas Gadisseux recevaient ce dimanche: Benoît Cerexhe, cdH, ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi, Philippe Courard, PS, secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, Christine Defraigne, sénatrice MR, Philippe Defeyt, Ecolo, président du CPAS de Namur, Thierry Bodson, secrétaire général FGTB wallonne, Claude Rolin, secrétaire général CSC, Vincent Reuter, administrateur délégué Union Wallonne des Entreprises, Antonio Del Valle Lopez, directeur de la Mission régionale pour l'emploi de Charleroi ainsi qu'un chômeur de longue durée. 
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