Dégradations à Liège : "C’est un phénomène de casseurs", explique Willy Demeyer

Au total, 250 policiers de la police de Liège et de la police fédérale étaient présents sur place avec l’appui de trois arroseuses. "Ce sont des événements malheureux", entame Willy Demeyer, le bourgmestre de Liège, qui d’emblée souhaite aussi "réitérer l’appel au calme prononcé dès hier."

Les premiers mots du maïeur vont aussi aux commerçants de la Cité ardente envers qui il assure "tout notre engagement à réparer les choses, vu les dégâts importants." "Nous voulons que notre centre-ville soit sécurisé, apaisé, c’est pourquoi nous mettons sur pied un plan d’urgence, conservatoire et un plan de perspective à long terme pour nos commerçants", complète Christine Defraigne (MR), première échevine. Des magasins et fast-food ont été caillassés. Certains d’entre eux ont été pillés. Quelques vitres des Galeries Saint-Lambert et de l’hôtel de ville ont été brisées.

La manifestation n’était pas autorisée par la Ville

Willy Demeyer a précisé que la manifestation d’hier n’avait pas été autorisée puisqu’elle avait été introduite en urgence. "Malgré les images choquantes, nous pouvons nous réjouir de ne pas avoir eu des conséquences plus graves", selon le bourgmestre, qui appelle aussi à "ne pas faire d’amalgames entre tous les jeunes" et qui tranche : "C’est un phénomène de casseurs."


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Christian Beaupère, le chef de corps de la police de Liège fait le bilan : il fait état de 36 policiers blessés, dont neuf hospitalisés hier soir et l’un d’entre eux qui est toujours ce dimanche à l’hôpital. L’un des agents souffre d’une fracture de la clavicule. Parmi ces blessés, figure un motard de la police qui a été la cible des émeutiers alors qu’il se trouvait sur sa moto. Il avait été roué de coups mais ne présente pas de blessures graves, a précisé Christian Beaupère, évoquant une "furie" et un "déferlement" de violences. Les événements d’hier n’ont pas fait de blessés graves parmi les passants.

Ils étaient très préparés et ont agi vite

Au total, il y a eu entre 200 et 300 casseurs dans les rues de Liège samedi après-midi, qui viennent de différents horizons "certains sont originaires de la périphérie liégeoise mais d’autres de Bruxelles, par exemple", selon Christian Beaupère. Dix d’entre eux ont été arrêtés, "il y a un mineur sur les dix, les autres ont entre 20 et 30 ans" affirme Willy Demeyer.

"Nous avons ressenti une organisation, ils ont agi et très vite et étaient très préparés : ce n’est pas un coup d’essai", selon le chef de corps. "Il y a maintenant un énorme travail d’élucidation sur base des images que nous avons", complète-t-il.

"Malgré la période particulière que nous vivons, il n’est pas possible de chercher des excuses et des prétextes à ça", a asséné Christine Defraigne.

Des défaillances ? "Non, mais des techniques à revoir"

Dans un premier temps, 120 policiers étaient mobilisés par la police locale de Liège. "Ceux-ci n’étaient au départ pas très visibles, pour éviter la provocation", précise Christian Beaupère. Très rapidement, la police liégeoise, avec une seule arroseuse, a été débordée et a fait appel au renfort de la police fédérale. 130 agents de la Capitale et deux autres autopompes sont arrivés sur les lieux. "C’était nécessaire lorsque nous avons pris conscience du côté organisé des casseurs", explique le chef de corps, qui assure être intervenu avec discernement et proportionnalité.

Alors y a-t-il eu des défaillances ? "Non", assure le chef de corps. Willy Demeyer précise : "Dans le maintien de l’ordre, il existe des théories. Mais avec les réseaux sociaux et certaines méthodes employées par les manifestants, notre stratégie doit être revue", ajoutant que la formation des policiers doit encore être améliorée.

"On ne peut pas parler de défaillance, mais c’est vrai qu’il faut revoir les techniques de surveillance des réseaux sociaux et les techniques d’intervention", admet Christian Beaupère.

"Je réfute les accusations de racisme ou de violences policières"

Enfin, les autorités sont revenues sur ce qui a déclenché la tenue de la manifestation ce samedi : l’arrestation d’une dame, lundi, place Saint-Lambert.

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Certains parlent d’une arrestation judiciaire musclée, d’autres de violences policières. Hier matin, le bourgmestre de Liège se disait lui-même à notre micro "choqué" par ces images. Aujourd’hui, Willy Demeyer tempère : "J’ai ici un rapport du service interne de la police. Je ne peux pas en donner les détails puisque le parquet s’est saisi de l’affaire. Je peux simplement vous dire qu’il y a matière à discussion et que les choses sont peut-être moins unilatérales que ce qui a été présenté. Ce n’est pas à vous [journalistes, ndlr], que je vais apprendre que les images sont parfois prises d’un certain point de vue…"

Le chef de corps de la police de Liège se borne lui à "réfuter les accusations de racisme et de violences policières."

C’est donc la justice qui tranchera sur base des éléments. "Nous espérons assez rapidement", dit Willy Demeyer, car "il faut tout faire pour qu’il ne se crée par de césure à l’intérieur de la population liégeoise."


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