Fonctionnaire à l'origine du dégel des fonds libyens: "On a l'impression que j'ai pris cette décision tout seul"

Il est l'homme qui a officiellement autorisé le dégel des intérêts des fonds libyens. Marc Monbaliu, ce haut fonctionnaire est aujourd’hui pensionné. Il doit être entendu par la Commission des finances de la Chambre sur son rôle exact dans cette affaire. Contacté par téléphone, il a accepté de répondre, en primeur, à certaines de nos questions.

Qui a autorisé le dégel des intérêts des fonds libyens ? Cet argent, estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, a transité au départ de banques belges vers le Luxembourg, le Royaume-Uni et le Bahreïn, avant, peut-être, de finir entre les mains de milices terroristes en Libye.

Pour répondre à cette question, le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (NVA) a présenté mercredi une lettre aux membres de la Commission des finances de la Chambre. Ce courrier est signé de la main de Marc Monbaliu, l’ancien administrateur-délégué de la Trésorerie ; il date du 4 octobre 2012 et il fait mention du dégel des intérêts des fonds libyens, sur base du droit européen. 

"Le service juridique du conseil et le service d'action extérieure considèrent qu'il n'y a plus de base légale pour geler les intérêts de ces fonds, ce qui va dans le sens de la résolution 2009 du 16 septembre 2011." (paragraphe 2 du document)

"Je répondrai aux questions de la Commission"

Suite à la publication de cette lettre, Marc Monbaliu devient l’homme au centre de la polémique, celui par lequel le scandale est arrivé. Nous avons pris contact avec lui. "On m’a cité, on laisse planer une certaine ombre au-dessus de mon nom. On verra comment cela évolue. Je répondrai aux questions de la Commission". Ces questions lui arriveront par courrier postal ; il disposera alors de deux semaines pour y répondre par écrit.

Aujourd’hui, il réserve la primeur du contenu de ses réponses à la Chambre, mais il a accepté de nous donner quelques clés de compréhension, pour y voir plus clair. Ainsi, en 2012, nous apprenons que l'administrateur-délégué de la Trésorerie disposait d'une délégation de signature sur les embargos financiers. Cela signifie qu’il a, à l’époque, une autorisation spéciale de son ministre de tutelle, Steven Vanackere (CD&V), pour signer lui-même ces documents.

"A cette époque, cette demande est arrivée. Je n’avais aucune raison de la refuser"

Quant à la procédure qui mène à la signature, c’est toujours la même. D’abord, une demande de levée de gel de ces intérêts est faite. Qui l’a faite à l’époque ? C’est une inconnue qui subsiste. Ensuite, les différents services administratifs analysent la demande. S’ils l’acceptent, elle est transmise à l’administrateur-délégué qui autorise alors –ou non- la demande. “A cette époque, cette demande est arrivée. Je n’avais aucune raison de la refuser”, confie l'ancien haut fonctionnaire.

Actuellement pointé du doigt comme seul responsable du dégel de ces intérêts, Marc Monbaliu se défend : "On a l’impression que j’ai pris cette décision tout seul, ce n’est pas le cas." L’ancien haut fonctionnaire se dit prêt à répondre à toutes les questions qui lui seront posées, en toute transparence.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK