Défilé du 21 juillet: "L'armée est importante pour notre sécurité mais aussi notre image à l'étranger"

Défilé du 21 juillet: "L'armée est importante pour notre image mais aussi notre sécurité"
Défilé du 21 juillet: "L'armée est importante pour notre image mais aussi notre sécurité" - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Un défilé, des drapeaux noir, jaune, rouge, un feu d'artifice ; la Belgique se fête aujourd'hui. Mais les élus politiques auront-ils la tête à ça ? Vincent Dujardin professeur d'histoire contemporaine à l'UCL, explique en quoi celui-ci est un peu particulier vu la crise que les Francophones et Wallons traversent: 

"Il est vrai qu'on a l'habitude, durant l'été, malgré tout, d'avoir des négociations gouvernementales, notamment après les élections au niveau fédéral. Il est vrai qu'en Belgique, si vous regardez l'espérance de vie d'un gouvernement fédéral, ou national à l'époque, depuis 1919 c'est 19 mois.

Donc il y a souvent eu des crises durant l'été, en particulier le 21 juillet. Ça a été souvent aussi difficile pour le chef du protocole du ministère de l'intérieur de savoir qui inviter, parfois les gouvernements ont changé juste avant le 21 juillet.

Evidemment ce qui est singulier ici, et c'est pour la première fois le cas, c'est au niveau des entités fédérées ou de certaines entités fédérées qu'il y a une crise politique, et vous savez que contrairement au niveau fédéral, on ne peut pas avoir de nouvelles élections au niveau des entités fédérées. L'idée était d'avoir une stabilité politique, justement de pouvoir avoir une espérance de vie plus grande à ce niveau-là: on avait bien retenu la leçon des 12 gouvernements en 6 ans entre 34 et 40, de nombreux gouvernements après la guerre, et au niveau des régions, on avait eu l'idée d'avoir cette stabilité.

Tout ça pourrait évoluer, mais donc c'est vrai que ça ne concerne qu'une partie du pays mais il y a une crise politique et les journées prochaines seront encore animées par ces évolutions".

Des absents de marque

Il y aura cette année visiblement une série d'absents, mêmes au niveau des responsables, des entités fédérées qui depuis 2015 accueillent le roi: "il semble que plusieurs ministres, présidents ont choisi de ne pas venir aujourd'hui, ce qui est déjà un signal. Maintenant, sans doute que les négociations se font plutôt en coulisses".

Et pour le citoyen belge? "Je pense qu'il y a un attachement qui reste important pour les Belges le 21 juillet, il suffit de voir le nombre de Belges qui prennent part aux festivités, que ce soit accompagner le défilé, que ce soit le feu d'artifice le soir, les fêtes depuis hier. Il y a un attachement certain, on pourrait dire qu'au nord du pays, le 11 juillet, fête de la communauté flamande, est aussi une date importante, mais le 21 juillet reste je pense effectivement un jour important de fête pour les Belges, oui..."

Vicent Dujardin sera aux côtés d'Ophélie Fontana cet après-midi pour commenter cette journée, dès 14 heures 30 sur la Une, avec le fameux défilé, particulier cette année car il s'inscrit dans le cadre des 50 ans de l'OTAN: "c'est un grand moment de l'histoire de notre diplomatie, vu que c'est il y a 50 ans que l'OTAN est venu à Bruxelles grâce à l'action de la diplomatie belge à l'époque, le ministre aux affaires étrangères Harmel, qui a pu obtenir à la fois l'OTAN et le SHAPE près de Mons, et donc c'est vrai que  ça fait de Bruxelles un centre diplomatique majeur".

Un réinvestissement important dans l'armée

Pour l'armée belge, cela s'inscrit dans un contexte de plan de réinvestissement après des dizaines d'années de disette, pendant lesquelles on a réduit la moitié du budget de l'armée: "l'armée est l'instrument d'une politique. Vous n'avez pas de politique étrangère si vous n'avez pas aussi une politique de défense, sinon quelle voix peut-on avoir au sein de l'Union Européenne? Ce n'est pas par hasard si c'est un Belge aujourd'hui qui dirige l'opération ONU au Mali. C'est aussi parce qu'il y a une politique de défense derrière, qui est l'instrument d'une politique étrangère. Et donc il n'y a pas évidemment que l'aspect financier, l'aspect investissement de matériel.

Le fait qu'on participe à des opérations en Syrie, au Mali, en Afghanistan, et que ces opérations ont été saluées permet aussi de redresser l'image la Belgique auprès des alliés, qui avait été abîmée justement face à ce désinvestissement très lourd en Belgique,  D'autres pays bien sûr, comme la France, ont aussi fait des économies dans le domaine de la défense, mais au niveau belge on était vraiment arrivés à l'os, on était quand même "lanterne rouge" ou presque à l'OTAN, et là, la courbe va repartir peut-être dans une autre direction, avec des achats, remplacement des F16, de frégates, de matériel roulant, tout ce dont on parlera cet après-midi à l'occasion du défilé.

C'est l' occasion aussi de rappeler que les hommes et les femmes qui défileront aussi contribuent également, par leur action, parfois au risque de leur vie, dans des opérations à l'étranger, pour aider cette place de la Belgique à l'étranger, mais aussi assurer notre sécurité à l'étranger. Au moment de la Guerre Froide, il fallait défendre la sécurité à nos frontières. Maintenant il faut porter au-delà de cela, bien au-delà la sécurité dans la lutte contre le terrorisme international par exemple."

 

Vincent Dujardin commentera cet après-midi aux côtés d'Ophélie Fontana, toute la retransmission  de cette fête nationale du 21 juillet. C'est à partir de 14 heures 30 sur la Une télé, sur Auvio et sur notre site www.rtbf.be/info !

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