Défense : la Belgique et le G-D de Luxembourg songent à créer un bataillon binational à Arlon

La Belgique et le Luxembourg devraient signer début juillet une lettre d’intention en vue de la constitution d’un bataillon binational destiné prioritairement à répondre aux exigences croissantes de l’Otan, a indiqué mercredi le ministre grand-ducal de la Défense, François Bausch.

Cette unité sera placée sous commandement belge, mais avec un dispositif de gestion commune par les deux pays, a précisé François Bausch à quelques journalistes à l’issue d’un vol effectué à bord d’un avion de transport Airbus A400M de l’escadrille binationale belgo-luxembourgeoise, la BNU A400M, qui comptera à terme huit appareils de ce type basés à Melsbroek.


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Une réunion commune des deux gouvernements dans un format connu sous le nom de Gäichel – une localité luxembourgeoise proche de la frontière entre les deux pays – depuis la première édition en avril 2004, est prévue le 11 juillet prochain.

"Il est prévu que l’on signe ensemble une déclaration d’intention pour la mise sur pied de ce bataillon", une unité terrestre conjointe, a déclaré le ministre.

Il est prévu que l’on signe ensemble une déclaration d’intention pour la mise sur pied de ce bataillon

Il a précisé qu’il s’agissait pour les deux pays de répondre aux demandes de l’Otan, qui souhaite que ses Etats-membres renforcent leur niveau d’ambition militaire dans le cadre du NATO Defense Planning, la planification militaire agréée par tous les alliés.


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François Bausch a souligné que la Belgique était le partenaire naturel du Grand-Duché en matière militaire, que ce soient en termes de formation, d’entraînement et même d’opérations, depuis le conflit en ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Pour le Luxembourg, la Belgique est le "partenaire de tradition préféré", notamment pour des raisons historiques, a-t-il dit.

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Exercices militaires au camp de Lagland (Arlon), en 2017 © BELGA

Camp de Lagland

Il a également cité le projet de satellite d’observation de la Terre LUXEOSys – jadis appelé NAOS (National Advanced Optical System) – qui sera lancé dans les deux prochaines années.

Du côté belge, on s’est montré plus prudent que François Bausch en expliquant que ce projet de bataillon binational – déjà évoqué à la Chambre par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), qui a admis qu’il était à l’étude – serait bien à l’agenda de la réunion Gäichel prévue début juillet. Il fait partie des "deliverables" (les projets susceptibles de déboucher sur des résultats), a confié une source informée à l’agence Belga.

Le lieu de stationnement envisagé est le camp militaire de Lagland, près d’Arlon, à proximité de la frontière.

L'Europe optimiste

Le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a, lui, découvert mercredi les capacités de l'avion de transport militaire Airbus A400M à l'occasion d'un vol à bord d'un appareil belge au-dessus de la Belgique.


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Il a salué la coopération militaire étroite qui s'est instaurée entre la Belgique et le Luxembourg, et qui notamment conduit à la création d'une escadrille binationale belgo-luxembourgeoise de transport aérien, la BNU A400M, qui comptera à terme huit appareils basés à Melsbroek.

Josep Borrell, qui est également vice-président de la Commission européenne, a effectué un vol tactique d'une heure environ qui l'a mené, en compagnie du ministre luxembourgeois de la Défense, François Bausch, à Florennes pour un atterrissage d'assaut avec dépose d'une section de commandos et d'artilleurs et d'un véhicule RRV Fox, puis à Schaffen, près de Diest (Brabant flamand) pour une simulation de largage de parachutistes, a constaté l'agence Belga.

La ministre belge de la  Défense, Ludivine Dedonder (PS), qui devait également y participer, était retenue à la Chambre par un débat sur l'affaire Jürgen Conings, ce militaire d'extrême droite en fuite depuis près d'un mois.


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L'A400M, baptisé Atlas, est un "fleuron de l'industrie aéronautique européenne", a souligné M. Borrell lors d'une conférence de presse à l'issue de ce vol. "L'expérience a été impressionnante", a-t-il ajouté après avoir contemplé le paysage depuis la porte latérale de l'avion, d'où sautent habituellement les parachutistes, lors d'un vol à basse altitude.

Fleuron de l'industrie aéronautique européenne

 

Il a salué le "remarquable exemple de coopération" entre la Belgique et le Luxembourg, qui ont fait l'effort d'acheter et d'opérer en commun huit appareils - un luxembourgeois, livré en octobre dernier et sept belges, dont le dernier est attendu en 2024, selon le général-major Frederik Vansina.   

C'est un bel exemple pour le développement de l'Europe de la Défense, a ajouté M. Borrell.

Les huit A400M de la BNU doivent remplacer à terme une douzaine de C-130H Hercules opérés par la 20e escadrille de la composante Air depuis près de 50 ans et dont les derniers partiront à la retraite d'ici la fin de l'année. 

Chaque A400M, équipé de quatre gros turbo-propluseurs, offre une capacité d'emport 1,5 fois supérieure à celle d'un C-130 en volume et double en poids, tout en ayant une plus grande autonomie et une vitesse nettement plus élevée, selon le chef adjoint du groupe de vol du 15e wing de transport aérien, le lieutenant-colonel Thomas Debert.

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