Décret réussite: la FEF est sceptique

RTBF
RTBF - © RTBF

Le décret visant à aider la réussite des étudiants en haute école "alterne petites avancées, gros recul, et surplace", dénonce la Fédération des étudiants francophones (FEF).

Le décret a été voté ce jeudi au Parlement de la Communauté Française.

Si la FEF cite, au chapitre des avancées, la présence d'un étudiant dans le Conseil d'Appel des allocations d'étude, elle dénonce la contractualisation de l'aide à la réussite. "La ministre décide de faire peser sur ces étudiants de nouvelles obligations par le biais d'un contrat rejoignant ainsi la logique qui veut que si l'étudiant est en échec, c'est uniquement de sa faute", fustige la FEF.

La FEF se montre également critique par rapport à l'évaluation des professeurs, "à la fois introduite et neutralisée dans le décret, la ministre s'étant assurée que cette évaluation ne pourra jamais avoir d'effet". Elle déplore aussi que les universités soient oubliées dans le décret malgré un taux d'échec important."C'est dans ce royaume du rien, cet empire du sans, que la ministre bâtit au ras des douves un Observatoire de l'enseignement supérieur qui faute de moyens et d'autonomie ne pourra jamais qu'observer l'eau s'écouler sous les ponts", conclut la FEF.

Le parlement de la Communauté française a adopté jeudi un projet de décret qui ambitionne d'aider la réussite des étudiants dans l'enseignement supérieur et crée l'Observatoire de l'Enseignement supérieur. Elle a aussi adopté un projet de décret contenant diverses mesures touchant à lenseignement supérieur, concernant notamment les diplômes de bachelier sage-femme et bachelier en soins infirmiers.

Les deux textes ont été adoptés par la majorité PS-cdH, l'opposition MR et Ecolo s'abstenant. Pour pallier le déficit en réussites qui touche les étudiants de l'enseignement supérieur, le premier décret prévoit la création d'un service d'aide à la réussite au sein de chaque Haute Ecole. Celles-ci consacreront à l'aide à la réussite des étudiants un montant correspondant à au moins 1% de l'allocation annuelle globale dont elles bénéficient.

Le décret crée également un Observatoire de l'Enseignement Supérieur qui sera chargé d'assurer le monitoring de l'enseignement supérieur et de produire des outils d'analyse sur l'évolution de la population étudiante et des indicateurs relatifs, entre autres, au taux de réussite. Le texte définit aussi plus strictement la publicité autorisée dans l'enseignement supérieur.

La ministre de l'Enseignement supérieur Marie-Dominique Simonet a jugé sévère la critique de ceux qui affirment que le décret ne va pas assez loin. On peut toujours vouloir davantage mais nous venons de loin, a-t-elle dit, rappelant que le texte ajoute cette année 2,3 millions d'euros et l'année prochaine 3,3 millions au million pérennisé.Si les universités ne sont pas concernées, c'est parce qu'elles sont déjà ciblées par un décret "Bologne" voté en 2004, a encore dit Mme Simonet. L'autre décret concerne l'utilisation par les écoles du fonds de mobilité du Conseil supérieur de la mobilité étudiante, intègre une directive européenne et différentes dispositions législatives fédérales et communautaires concernant les études d'infirmier et sage-femme et reprend une série de mesures concernant notamment le regroupement d'Ecoles supérieures des Arts.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK