"Enseignant, c'est un seul et unique métier": il aurait donc fallu un seul master, et un seul barème, pour les syndicats

Décloisonnement de la formation des enseignants: "Quel que soit l'âge, c'est un seul et unique métier" dit Marcourt
Décloisonnement de la formation des enseignants: "Quel que soit l'âge, c'est un seul et unique métier" dit Marcourt - © Tous droits réservés

Les futurs enseignants vont étudier plus longtemps. Au minimum quatre ans au lieu de trois aujourd’hui pour ceux qui donnaient cours jusqu'en troisième secondaire.

C’est la décision prise par le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt,  ministre de l’Enseignement supérieur, dans un décret qui vient d'être déposé cette semaine au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui devrait l'examiner prochainement.

Outre la durée, c’est tout le sens de la formation qui va être revu. Les années de formation, quatre ou cinq selon les cas, se passeront en université et dans une haute école, ce qu'on appelle la co-diplomation:"La volonté première est de dire que le métier d’enseignant, quelle que soit la classe d’âge à laquelle l’enfant appartient, est un seul et unique métier. Il faut arriver à décloisonner ce métier, que l’on soit en préscolaire, en primaire ou dans le secondaire. Il faut vraiment arriver à ce qu’il y ait ce continuum entre les différents moments où on enseigne". 

Les enseignants pourront si le décret est adopté enseigner dans davantage de classes qu’à l’heure actuelle. Par exemple, les instituteurs de maternelles pourront donner cours jusqu’en deuxième primaire.

Et le ministre ne craint pas que cela effraie les futurs étudiants: "Je crois surtout qu’il faut ramener vers les catégories d’enseignants tous ceux qui ont la volonté d’enseigner, et que ce ne soit pas simplement un choix par défaut". 

Du côté des syndicats, on se félicite de ce renforcement de la formation: "Notamment dans la didactique des matières, il y avait sans doute une certaine faiblesse du côté des hautes écoles, alors que peut-être du côté universitaire, au niveau pédagogique, il y avait une faiblesse également. Donc, je pense que le mélange des deux ne peut apporter que du positif" estime Joseph Tonon de la CGSP Enseignement.

"Les métiers d'enseignant sont tous difficiles"

Mais pour Eugène Ernst, il aurait même fallu aller plus loin, et supprimer les distinctions entre enseignants: "Idéalement, il n’aurait pas fallu de distinction entre les niveaux, parce que les métiers d’enseignant, que ce soit dans l’enseignement maternel, dans l’enseignement primaire ou dans l’enseignement secondaire inférieur ou secondaire supérieur, sont tous difficiles. Donc, idéalement, il aurait fallu une formation de master en cinq ans, avec un alignement barémique pour tous les enseignants pour ce métier qui est essentiel pour l’avenir de notre jeunesse".

Il faudra maintenant négocier avec les syndicats les revalorisations salariales liées à l’allongement de ces études, et pas seulement pour les futurs diplômés en 4 ans, insistent-ils: "Il faudra aussi penser à revaloriser les enseignants en place, de façon à ce qu’ils puissent arriver au même barème. Et pour ça, il faudra prévoir une formation complémentaire."

Le barème qui correspondra à l'allongement des études devrait être négocié lors d'un prochain accord sectoriel. Aucun calendrier n'a encore été fixé, selon les syndicats..

La mise en application du décret est prévue pour la rentrée académique de septembre 2020. Les premiers enseignants formés selon le nouveau modèle sont donc attendus dans les écoles à la rentrée 2024.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK