Décès de Léo Tindemans: l'hommage des personnalités politiques

Décès de Léo Tindemans: l'hommage des personnalités politiques
Décès de Léo Tindemans: l'hommage des personnalités politiques - © ETIENNE ANSOTTE - BELGA

De nombreuses personnalités politiques ont tenu à saluer la mémoire de Léo Tindemans... jusqu'en France. Ce samedi matin, le Premier ministre français Manuel Valls parle d'un homme d'État visionnaire, un "grand Européen".

Chez nous, dès ce vendredi soir, Mark Eyskens et Herman Van Rompuy ont rendu hommage à celui qui fut tour-à-tour Premier ministre, bourgmestre, député, député européen. Une carrière très riche...

Mark Eyskens a beaucoup cotoyé Léo Tindemans au sein de son parti ainsi que dans plusieurs gouvernements. "Il ne faut pas oublier que monsieur Tindemans a été un jeune ministre des Affaires communautaires dans un gouvernement présidé par mon propre père, Gaston Eyskens, en 1970. C'est donc avec Tindemans qu'ils ont réalisé la première réforme de l'État, la première révision de la Constitution qui allait déjà dans un sens fédéraliste".

Par rapport à la situation actuelle de la Belgique, "il n'était pas très enthousiaste. Parfois, il avait l'impression que notre pays s'exposait à une guerre civile verbale, un manque de compréhension mutuelle parce qu'on attachait beaucoup trop d'importance à des choses secondaires et accessoires, et non pas à l'essentiel".  

Hommage appuyé de Willy Claes, ministre de l'Éducation nationale

Le socialiste retient surtout l'action de Léo Tindemans au plan européen. "Comme ministre et Premier ministre, Léo Tindemans était avant tout un intellectuel qui essayait toujours de placer le problème et la décision dans un cadre historique. Ce qui, honnêtement parlant, ne facilitait pas toujours la processus de décision", se souvient Willy Claes. 

"Je préfère retenir ses idées pro-européennes. Et toute sa carrière a été fonction de la réalisation de l'Union européenne". Il a quelques fois agi contre son gré au plan belge mais était parfois un précurseur au plan européen, "c'était un fédéraliste européen. Et vis-à-vis du problème du fédéralisme belge, c'était un homme qui avait ses doutes et ses hésitations". 

Gérard Deprez, ancien président du PSC

"Je ne peux pas m'empêcher de penser que pour la démocratie chrétienne flamande, la série continue: après Wilfried Martens, Jean-Luc Dehaene, maintenant Léo Tindemans... Ce sont toutes les figures emblématiques de la fin du siècle dernier de la démocratie chrétienne flamande et belge qui disparaissent. Personnellement, ça me touche", confie Gérard Deprez.  

Ces trois figures ont incarné la réforme de l'État, mais pas de la même manière, estime-t-il. "Jean-Luc Dehaene et Wilfried Martens étaient des fédéralistes convaincus. Je pense que Léo Tindemans était plus ambivalent, qu'il avait plus de difficulté à choisir et que malheureusement, en matière de réforme de l'État, son nom restera plutôt attaché à l'échec du pacte d'Egmont dans lequel il est évident qu'il a porté une grande part de responsabilité". 

RTBF

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