Décès de Julie Van Espen: "On ne peut pas tout expliquer par le manque de moyens"

Les parents de Julie Van Espen, qui a été assassinée le 4 mai par un délinquant récidiviste, ont écrit une lettre ouverte à l'adresse du monde judiciaire et politique. Ils imputent la mort de leur fille aux défaillances de la Justice et plaident pour une série de réformes. Interrogée sur La Première, la présidente de la commission d'avis et d'enquête du Conseil supérieur de la justice (CSJ) Magali Clavie dit rejoindre les parents de Julie Van Espen en ce qui concerne le manque de suivi apporté aux traitements des délinquants sexuels et qu'il faudrait davantage investir dans la prévention. Cela était souligné dans un rapport du CSJ : "La violence sexuelle n'est pas encore vue comme une violence tout à fait spécifique, et qui mérite une attention toute particulière en raison des souffrances qu'elle inflige aux personnes qui en sont victimes. On constate que le chemin qui reste à parcourir est encore long, et cela à tous les niveaux de la chaîne pénale. Ce n'est pas que la justice, mais aussi de la police et du suivi des délinquants sexuels. C'est une prise de conscience globale qui doit exister".

"Aujourd'hui il n'y a pas de suivi obligatoire pour les délinquants sexuels. Des propositions de loi sont à l'examen, afin d'imposer ce suivi pendant la peine et au-delà. Pour le moment, le suivi se fait encore sur base volontaire. Il peut être suggéré par les autorités judiciaires, mais il est possible que la personne échappe à tout suivi, particulièrement lorsqu'elle ne demande pas de bénéficier d'une libération conditionnelle et qu'elle va à fond de peine. Avant les faits horribles qu'il a commis à l'égard de Julie, Steve Bakelmans avait fait l'objet de condamnations précédentes, dont une à trente mois de prison, et il a été jusqu'au terme. Il n'a jamais vraiment été obligé de se soumettre à une guidance", regrette Magali Clavie.

Elle rappelle que le CSJ a pour but d'améliorer le fonctionnement de la justice, mais pas de sanctionner disciplinairement des magistrats qui auraient mal fait leur travail.

Le manque de moyens accordés à la justice, pointé par les parents de Julie Van Espen, "est une des causes de certains dysfonctionnements. Mais on ne peut pas tout expliquer par le manque de moyens, cela serait de notre part une déresponsabilisation. Et ce serait passer à côté de l'occasion d'essayer d'améliorer le fonctionnement du judiciaire avec les moyens existants. Mais je ne dis pas qu'il ne faut pas plus de moyens".

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