Débat sur l'avortement : le PS dénonce un "geste anti-démocratique du MR"

Le Parti socialiste souhaite ouvrir le débat au parlement fédéral sur une sortie de l'avortement du code pénal. "Aujourd'hui l'avortement est toujours un délit. Si un médecin ne le réalise pas dans certaines conditions définies par le code pénal, il risque de se faire poursuivre, comme la femme (qui se fait avorter). C'est culpabiliser la femme et ne pas lui donner le choix de disposer de son corps. C'est totalement archaïque" explique la députée socialiste Karine Lalieux interrogée sur La Première.

"Une étude réalisée par l'ULB à la demande du Centre d'action laïque montre 75% des Belges sont pour une sortie de l'avortement du code pénal", souligne-t-elle, "et nous avons une majorité au parlement pour le faire. Sept propositions de loi ont été déposées. Nous demandons de pouvoir travailler en toute liberté. Depuis juin 2016, le MR, mais aussi le CD&V et la N-VA, bloquent ce débat par plein de procédures, de flibusteries. Philippe Goffin, le président MR de la commission Justice, ne nous permet pas de travailler".

"Vieux clivages"

"Je fais un appel au gouvernement et au Premier ministre : depuis 1999, ce parlement peut travailler en toute liberté sur des dossiers éthiques. Nous demandons de faire confiance à tous ces parlementaires qui ont la maturité pour y travailler" poursuit-elle. "Malheureusement c'est un vieux clivage qui revient: on sait que le CD&V est contre, on sait que l'aile conservatrice de la N-VA est puissante. Et il semble que le MR soit soumis à ces deux partis conservateurs".

"Arithmétiquement il y a une majorité dans tous les partis. Nous demandons que tout le monde se positionne en âme et conscience, avec la liberté de vote. Peu m'importe" si tous les députés MR ne votent pas pour la sortie de l'avortement du code pénal. "Si le cdH vote contre, parce qu'on ne sait finalement plus s'ils sont pour ou contre, et il y a une certaine hypocrisie par rapport au discours du cdH. Aujourd'hui c'est un geste anti-démocratique que pose le MR : on ne peut pas travailler sur la question".

Passer de 12 à 18 semaines 

"Nous voulons que l'avortement soit juste un acte médical et qu'il entre dans la loi sur les droits des patients. Nous voulons aussi travailler sur le nombre de semaines: 12 semaines est un chiffre très bas pour les pays qui nous entourent. Aux Pays-Bas c'est jusqu'à 18 semaines, en Grande-Bretagne 24 semaines, ailleurs 22 semaines. Nous voulons augmenter le nombre de semaines jusqu'à 18 semaines, comme cela l'acte pourra encore être posé par un médecin dans les plannings familiaux" explique-t-elle encore.

Il ne faut pas croire que l'avortement est un faux débat ou un débat ancien, dit Karine Lalieux: "Il y a des attaques en Italie, en Espagne, en Hongrie, en Pologne. Et en Belgique aussi : si on veut reconnaître le fœtus et lui donner un état civil avant qu'il soit viable (un projet qui émane du CD&V, ndlr) cela met en danger l'avortement".

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