De plus en plus de Wallons boudent la côte belge

La côte belge, à La Panne
La côte belge, à La Panne - © BELGA

Certains touristes wallons privilégient la France et la Côte d’Opale au littoral flamand. En période de crise politique, le tourisme sur la côte belge en prend un coup. Pourtant, une vraie coopération s’est installée entre les offices du tourisme transfrontaliers.

Par la plage, la ville française de Bray-Dunes n’est qu’à deux kilomètres de marche de La Panne. Pourtant, le contraste avec la côte belge est évident. Pas d’urbanisation à outrance, d’immeubles ultra modernes ou de boutiques de luxe. "Ici, tout n’est pas bétonné, explique Patrick Schepens, le directeur de l’Office du Tourisme. On a beaucoup respecté l’architecture balnéaire du début du siècle".

De plus en plus de touristes wallons viennent chercher cette simplicité à Bray-Dunes. Une Liégeoise de passage raconte qu’elle traverse la frontière "pour ne pas être tout le temps dans les mêmes rues, les mêmes endroits et voir un petit peu l’accueil aussi. Quand on vient vers La Panne ou autre et qu’on ne parle pas le flamand, on est moins bien accueilli".

Les raisons de cet intérêt pour la côte française seraient donc aussi communautaires. "On a toujours eu des touristes belges sur notre littoral, tempère Patrick Schepens. Mais c’est hypocrite de ne pas admettre qu’effectivement ce problème communautaire a suscité un certain nombre de déplacements, principalement de la Communauté wallonne, sur le littoral français".

"Se partager les touristes" entre France et Flandre

Au niveau des responsables touristiques, on essaye pourtant de passer outre ces difficultés. "Nous menons une vraie coopération touristique avec la Flandre", témoigne Sabine L’Hermet, directrice de l’Office du Tourisme de Dunkerque-Dunes de Flandre. Le projet phare, appelé Côte-à-côte, est porté par les offices du tourisme de part et d’autre de la frontière. "Nous avons récemment mis en place, avec la Flandre, un Pass délivré par les hébergements touristiques, qui donne accès à des réductions sur différents musées, activités, restaurants et autres", précise Sabine L’Hermet.

L’objectif n’est pas de se voler les touristes mais bien de "se les partager. Nos deux littoraux sont très complémentaires", poursuit la directrice.

Et les Wallons qui délaissent la côte belge ? "C’est un problème linguistique, pour Sabine L’Hermet. Nous accueillons énormément de Wallons. Aussi parce que le front de mer est très différent de la Belgique. Mais beaucoup de Flamands viennent aussi !".

L’immobilier en berne

Cette année, les affiches "à vendre" ont fleuri aux fenêtres de Coxyde, à dix kilomètres de la frontière française. Thierry de Séjournet, vendeur pour l’agence immobilière La Terrasse, analyse : "Il y a beaucoup de choses à vendre, et en ce moment, le temps de vente est plus long. Les affiches restent donc plus longtemps. Nous avons connu une baisse sur le marché : les prix ont chuté de 10% sur la digue et de 20% en dehors de la digue".

Un appartement avec deux chambres sur la digue, selon l’agent immobilier, se négocie entre 250.000 et 300.000 euros. En dehors, les prix sont largement inférieurs.

Même constat chez Immo Europe, où pour Anthony Sparks, plusieurs choses expliquent ce déclin des ventes : "La crise financière, d’abord. Ensuite, un nouveau décret oblige les propriétaires à se mettre aux normes, en matière d’incendie notamment. Beaucoup de gens ne veulent pas assumer ces frais et vendent. Enfin, la situation politique a aussi joué un rôle". Thierry de Séjournet confirme : "La chute du gouvernement nous a fait ressentir directement la chute des ventes".

Pour ces deux agents immobiliers, la préférence des francophones pour la Côte d’Opale n’est rien d’autre qu’une "mode". Et Thierry de Séjournet de conclure : "Je vous assure que les Wallons sont les bienvenus".

J. ANTOINE avec C. LEGRAND et S.VANDRECK

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