De plus en plus de travailleurs âgés tombent sous le régime d'invalidité

De plus en plus de travailleurs en fin de carrière tombent en invalidité. Leur nombre a doublé depuis 2004. Ils sont plus de 87 000 à dépendre aujourd’hui de la caisse maladie-invalidité, et cela a un coût pour l’INAMI : près de 1 300 000 000 d’euros. Des chiffres qui alimentent le débat sur les fins de carrière.

Ces dernières années, les différentes formules qui permettaient aux travailleurs de quitter anticipativement le marché du travail ont été restreintes par les différents gouvernements.

C’est le cas notamment des prépensions individuelles ou collectives, comme l’explique François Perl, directeur général du service indemnités à l’INAMI: "C’est-à-dire qu’on avait un outil de gestion de fin de carrière qui était certes coûteux, mais qui fonctionnait bien : c’était les prépensions. Il a été supprimé, et donc forcément, si on n’a pas pris à côté des mesures en matière de renforcement ou plutôt d’accompagnement des travailleurs âgés ou de maintien au travail des travailleurs âgés, c’est logique que les travailleurs qui auparavant pouvaient bénéficier de prépensions, quand ils tombent malades — je crois que c’est important de le dire — n’ont plus qu’un seul régime vers lequel se tourner, c’est-à-dire le régime d’invalidité".

On peut dire clairement que les seuls gagnants dans ce transfert, ce sont les employeurs

Jean-François Tamellini, secrétaire fédéral de la FGTB, le constate également: "On constate sur le terrain, sur base des témoignages de travailleurs que nous rencontrons tous les jours, des travailleurs et travailleuses qui sont effectivement confrontés au problème de ne plus être en capacité de pouvoir partir en prépension. Ces travailleurs, étant forcés de devoir travailler plus longtemps, n’en sont pas capables et basculent sur le budget maladie".

D’où ces transferts importants que l’on constate des prépensions vers le budget de l’INAMI, la caisse de maladie-invalidité, avec, pour Jean-François Tamellini, un autre effet pervers: "On peut dire clairement que les seuls gagnants dans ce transfert, ce sont les employeurs qui auparavant devaient payer un complément d’entreprise pour améliorer l’indemnité chômage. Ici, cette indemnité, ce complément patronal tombe et c’est une charge exclusive sur l’invalidité, c’est-à-dire à charge de la collectivité".

Un quart des dépenses de l’INAMI est lié aux 59-64 ans qui dépendent de la caisse maladie-invalidité.

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