Toujours plus d'invalides en Belgique: l'échec des politiques d'emploi ?

D’après des estimations de l’INAMI, le nombre d’invalides devrait atteindre entre 294 000 et 302 000 unités en 2015. Donc une augmentation de 45% en dix ans.

Mais ces chiffres sont loin de ceux des Pays-Bas, qui comptent 800 000 invalides. En cause : le renvoi plus systématique des chômeurs de longue durée dans la catégorie INAMI.

Le problème serait donc bien les politiques de remise à l’emploi des chômeurs.

Pierre Reman, professeur de sciences sociales à l'UCL, le pense. Pour lui, l’augmentation du nombre d’invalides est une conséquence de la politique d'activation des chômeurs : "Une politique d'activation qui n'est pas accompagnée d'autres politiques, qui permettent à ces personnes d'avoir réellement une chance de trouver un emploi, ne fait qu'une chose, c'est de faire glisser les catégories de population d'un secteur de la sécurité sociale ou de la protection sociale, à un autre".

Autrement dit, on retrouve aussi dans les statistiques de l'INAMI, des chômeurs de longue durée ou des personnes en fin de carrière qui n'en peuvent plus. En cause : les conditions de travail de plus en plus dures, la pression de plus en plus forte sur le travailleur. Le stress, le burn-out sont de plus en plus présentes, estime Pierre Reman, qui ajoute: "Et avec le temps, ces travailleurs développe des problèmes de santé en fin de carrière".

La situation serait différente s'il y avait d'avantage d'emplois disponibles : "Dans une période où il y a plein d'emplois, les entreprises ont tendance à inciter leurs travailleurs à rester dans l'entreprise et adapter leur poste de travail pour qu'ils puissent rester dans l'entreprise. Par contre, lorsqu'il y a beaucoup de chômage, la tendance est l'inverse".

Comme les chiffres du chômage, les chiffres de l'INAMI sont donc aussi révélateurs de la réussite ou non, des politiques de remise à l'emploi.

Comment, dès lors, doivent agir les pouvoirs publics ? "Il faut probablement se préoccuper de l’évolution des raisons pour lesquelles il y a une augmentation. Il y a des questions de santé publique mais également des questions de réinsertion professionnelle. Il y a différentes lectures qui sont possibles et différentes mesures", estime Pierre Reman.

J.C., avec Odile Leherte

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