Région wallonne et Fédéral main dans la main pour mettre les demandeurs d'asile à l'emploi

Le ministre wallon de l'Economie Pierre-Yves Jeholet l'a déclaré hier sur les ondes de La Prem1ère, il veut réformer certaines politiques d'emploi, taclant au passage le Forem. L'institution est aussi attendue dans le dossier des demandeurs d'asile, qui s'est mise autour de la table avec Pierre-Yves Jeholet (MR), pour la Région, Theo Francken (N-VA), secrétaire d'Etat à l'Asile pour le Fédéral, et Fedasil, afin de trouver des solutions, exposées lors d'une conférence de presse dans l'après-midi. Une manière, aussi, de montrer les nouvelles relations entre la région wallonne et le Fédéral, beaucoup plus amicales que du temps de l'ancienne majorité de centre-gauche.

La Wallonie et le Fédéral, main dans la main

Theo Francken (N-VA), lui, met en avant le travail effectué depuis un an en Flandre. " Du côté flamand, nous avons déjà signé un accord semblable avec le Ministre Muyters et le VDAB, les instances publiques en charges de l’emploi et de la formation en Flandre. Les chiffres de l’orientation vers le marché de l’emploi sont en hausse."

"Avec notre collègue Wallon, le ministre Jeholet et le Forem, nous voulons aujourd’hui rééditer cette heureuse expérience. L’engagement que nous contractons aujourd’hui est très important. En effet, outre l’apprentissage de la langue, l’obtention du travail en est facteur crucial pour une intégration réussie dans notre société. "

Et de cibler l'ancien gouvernement wallon : "C'était un peu incompréhensible de voir le temps que ça met pour signer un accord avec le Forem. Quand c'est un centre wallon, il n'y a pas d'accord de coopération. Ce n'était pas correct."

Le ministre MR de l'emploi reconnaît que ce basculement de majorité a changé beaucoup de chose. "Aujourd'hui la rencontre avec Theo Francken veut démontrer que nous avons tout avantage à travailler main dans la main avec le fédéral, ce qui ne se passait pas dans le passé. C'est vrai en matière d'intégration, ce sera vrai en matière d'emploi, d'économie, de politique d'investissement. Le souhait du nouveau gouvernement wallon, c'est de travailler d'avantage pour le fédéral."

Une évolution plutôt qu'une révolution

L’objectif, c’est de renforcer l’encadrement de ces personnes, majoritairement sous-qualifiées, en vue de favoriser leur insertion socio-professionnelle. Tout cela en adéquation avec le fameux parcours d’intégration. Globalement, une meilleure collaboration entre les deux institutions permettra de mieux cibler les compétences des demandeurs d'asile afin qu'il soient actifs sur le marché du travail plus rapidement.

Le ministre Pierre-Yves Jeholet a déclaré dans un communiqué de presse: " Cet accord entre Fedasil et le Forem va permettre aux primo-arrivants de s’investir dans une recherche d’emploi dès le début du parcours d’intégration. C’est primordial car si l’intégration passe par l’apprentissage de la langue, elle passe aussi par le travail. En appui du parcours d’intégration obligatoire qui comprend, notamment, une formation à la langue française et une formation à la citoyenneté, le Forem s’engage donc à mettre son offre de service à disposition du public de Fedasil (séances collectives d’information, soutien à l’interprétariat, conseils en orientation, formation, recherche d’emploi et identification des compétences, …)".

On parle surtout de fluidifier l'information et la collaboration entre le Forem et Fedasil, et d’autres acteurs comme les CPAS. Mais il y aura aussi, en filigrane, un message plus politique. Il s’agit de montrer que désormais, avec l’éjection du PS en Wallonie, et la présence du MR dans les deux majorités, les relations entre gouvernement régional et le gouvernement fédéral sont apaisées. Loin des tensions passées et du blocage actuel pour la formation d’autres gouvernements.

Des demandeurs d'asile qui veulent travailler

Delphine Gnimassoun est arrivée en Belgique il y a un an, elle explique qu'après avoir suivi des cours de français, elle n'attend qu'une chose, travailler. "Aujourd'hui je parle mieux le français, mais après ça j'aimerais bien travailler. Faire quelque chose pour pouvoir subvenir à mes besoins et ceux de ma fille, mais là rien du tout, je n'ai pas de permis de travail. Ce n'est pas gai."

Les gouvernements wallons et fédéral demandent à Fedasil et au Forem de collaborer plus pour l'insertion des demandeurs d'asile sur le marché de l'emploi. Cette collaboration accrue ouvrira de nouvelles portes, comme l'explique Thierry Pire, directeur du centre d'accueil de Rixensart. "On a des résidents qui ont des qualifications dans leur pays d'origine, qui ont de l'expérience professionnelle, qui sont motivés pour travailler, donc nous ce que ça va nous apporter maintenant, c'est une véritable identification des compétences des résidents en fonction des métiers en pénurie." "Aussi, avoir un avis du Forem, pour diriger les personnes vers tel type ou tel type de formations complémentaires."

"Ça permet aussi de voir un peu comment on peut regrouper un certain nombre de personnes, pour par exemple les rassembler dans des modules langues associés à certains métiers communs." ajoute Ilde Gilbert, chef de projet migrant au Forem.

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