Vague de grèves ce vendredi 14: à quoi faut-il s'attendre ?

Des mouvements de grève et des actions syndicales sont programmées sur l'ensemble du territoire belge ce vendredi. Les syndicats veulent exprimer leur colère contre la réforme des pensions du gouvernement fédéral, l'attitude "déresponsabilisée" des employeurs, l'échec des négociations sur les métiers pénibles et les problèmes de pouvoir d'achat. Ils souhaitent également démontrer leur fermeté avant le début des négociations pour l'accord interprofessionnel.

Les organisations syndicales annoncent une "vague de grèves" pour vendredi et se réjouissent de la détermination des travailleurs. Les actions sectorielles, dont certaines seront menées en front commun syndical, toucheront toutes les régions de la Belgique et engloberont des blocages d'entreprises, de routes et de zonings, des campagnes de sensibilisation ainsi que des mouvements de grève.

Les syndicats, en front commun comptent se rassembler vers 11h, à Bruxelles, devant le siège de la FEB la Fédération des entreprises de Belgique. "Cette journée de mobilisation est consacrée à attirer l'attention du gouvernement sur ses responsabilités sur le manque de pouvoir d'achat et pour mettre les patrons devant leurs responsabilités. Les entreprises cautionnent et dictent les lois que prend le gouvernement. Gouvernement et entreprises sont responsables de la situation", explique Robert Vertenueil, le Président de la FGTB.

Par cette action nationale, les syndicats veulent donc interpeller le gouvernement et les entreprises principalement sur deux axes: une augmentation du pouvoir d'achat significative et la révision du régime des pensions. 

À quoi faut-il s'attendre?

  • Charleroi et Liège fortement touchés

La mobilisation sera particulièrement forte dans les régions de Charleroi et de Liège, préviennent les syndicats. La FGTB a notamment décrété 24 heures d'arrêts de travail interprofessionnel dans ces deux régions et le zoning de Courcelles sera notamment bloqué. Des actions de grève sont aussi programmées dans plusieurs secteurs de la région Mons-Borinage, avec l'installation de piquets devant plusieurs entreprises. La plupart des sites de production seront mis en service minimum afin de préserver l'outil. Toujours dans le Hainaut, la région du Centre sera également touchée avec le blocage de la majorité des secteurs professionnels, notamment les zonings Strépy, Soignies et Feluy, annoncent les représentants des travailleurs.

Des "actions surprises" sont aussi prévues sur des chantiers de construction afin de sensibiliser les travailleurs détachés au dumping social.

En Brabant wallon, en Wallonie picarde ou dans le Luxembourg, les syndicats prévoient des piquets de grève devant différentes grandes entreprises et enseignes.

En matinée, certains syndicats ont organisé des rassemblements à Nivelles et Wavre. Une opération escargot aura lieu sur les routes du Brabant Wallon.

La Flandre aussi sera touchée par ces actions sectorielles. La CSC Metea flamande s'attend par exemple à la perturbation des activités d'entreprises comme Volvo Cars et Volvo Trucks à Gand, ou encore Asco à Zaventem.

  • Grève dans l'enseignement

Un préavis a également déposé dans l'enseignement, poursuit la CSC. Les enseignants en grève sont donc couverts par les organisations syndicales mais les écoles ne seront pas fermées.

  • Pas de préavis de grève déposé pour le rail

La circulation des trains ne devrait toutefois pas être affectée car aucun préavis de grève n'a été déposé. A Bruxelles, la Stib ne prévoit pas non plus de participation syndicale à l'action de vendredi tandis que les TEC wallons seront eux fortement touchés par le mouvement, en particulier à Liège et dans le Hainaut.

  • La police invitée à se rassembler

Les syndicats policiers participent par ailleurs à cette journée nationale d'actions. Certains agents ont d'ailleurs déjà commencé les actions, par des piquets de grève à Charleroi, Liège et Bruxelles. 

Le personnel de la police intégrée (polices fédérale et locales) qui ne sera pas réquisitionné est appelé à se rassembler devant les commissariats centraux de Charleroi et de Liège, ainsi que devant la police fédérale à Bruxelles. Les policiers dénoncent entre autres des "attaques" contre leur statut et un manque de personnel.

  • Brussels Airport recommande de n'emmener que des bagages à mains. 

Des perturbations pourraient survenir vendredi prévient l'aéroport. Cela ne signifie toutefois pas qu'il sera impossible d'enregistrer ses valises classiques, ajoute l'aéroport. Le personnel des bagagistes (Aviapartner et Swissport) était appelé à arrêter le travail et que cet appel "serait largement suivi".

"Urgent" de changer de cap

La CSC, la CGSLB et la FGTB estiment qu'il est "urgent" de changer de cap. Les syndicats réclament la reconnaissance et la prévention de la pénibilité au travail, des crédits-temps de fin de carrière à 55 ans, une pension légale pour tous à 65 ans maximum, des salaires justes et négociés collectivement, ainsi que la création d'emplois de qualité.

"Depuis 4 ans, les travailleurs trinquent, les salaires baissent, et même si le gouvernement Michel se targue d'avoir créé des milliers d'emplois, nous ne sommes pas revenus au même niveau d'avant la crise de 2008", ajoute la CSC.

Réunis en font commun, les trois syndicats se réuniront à 11h00 vendredi, devant le siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) à Bruxelles, pour dénoncer "la dégradation croissante" des conditions de travail et "mettre les patrons devant leurs responsabilités".

Archives : Journal télévisé 03/12/2018

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