David Van Reybrouck : "Les partis politiques reçoivent beaucoup trop d’argent, ça complique la formation des gouvernements"

Interrogé dans le cadre de la nouvelle saison de la série " Démocratie en Question(s) ", l’écrivain flamand David Van Reybrouck revenait sur les raisons de la très longue crise qui a précédé la formation d’un gouvernement fédéral, en Belgique. Il pointe le problème de " la campagne électorale permanente " mais aussi le mode de financement des partis.

Pour David Van Reybrouck, c’est clair, si on veut à l’avenir accélérer la formation des coalitions, il faut frapper les partis au portefeuille : " la solution, ce serait de diminuer dans le temps les dotations des partis ". Et il développe la réflexion : " j’ai un problème fondamental avec la dotation des partis en Belgique. Ils reçoivent beaucoup trop. Je trouve ça très problématique. Voyez la N-VA qui ne sait plus quoi faire de son argent ! "

Les élections : une grande tombola

L’écrivain flamand qui appelle depuis longtemps à repenser notre démocratie élective estime que les élections ne sont plus seulement le moment qui redistribue les cartes politiques mais qu’elles sont aussi devenues " la grande tombola du financement des partis ". Ce qui entraîne à ses yeux pas mal d’effets pervers " c’est devenu tellement important de gagner les élections pour sauver ou accroître sa dotation que ça stimule les promesses intenables très difficiles à réconcilier ensuite dans un accord de gouvernement ".

David Van Reybrouck propose de revoir le système actuel "via, par exemple, un montant fixe pour ceux qui passent le seuil de 5% et puis un montant variable en fonction des résultats."

Et de conclure, lapidaire : "Aujourd’hui nous avons un système de financement qui stimule les promesses intenables avant les élections et qui rend la formation de coalition impossible après les élections."

Retrouvez l’intégralité de cette rencontre dans le replay de la nouvelle saison de la série " Démocratie en Question(s) ".

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