David Van Reybrouck : "J'en ai marre que la Belgique perde son temps en querelles interminables"

L’écrivain David Van Reybrouck (Odes, Actes Sud, 2021) était l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir. Il est revenu sur son engagement pour le climat et sa participation à l’action Affaire Climat qui a assigné l’Etat Belge en Justice pour les forcer à ternir ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.

Un procès historique

"Je n’avais pas l’intention de suivre ce procès. Mais j’y suis allé, au départ juste pour voir. Je me suis rendu compte que ce qui se passait dans ce tribunal, c’était vraiment historique. C’est le plus vaste dans l’histoire historique de la Belgique avec 58.000 codemandeurs. Mais il s’agit du passé, du présent et du futur industriel de la Belgique".

Pour David Van Reybrouck, le pouvoir judiciaire doit pouvoir contraindre l’exécutif à honorer ses engagements. Mais pourquoi la Belgique ne parvient-elle pas à tenir ses engagements climatiques ?

"Le vrai problème c’est que les différents niveaux de pouvoirs compétents en matière de climat se parlent à peine. Même pour se défendre face au tribunal, ils ne parviennent pas à se mettre d’accord. La Belgique est un bric-à-brac invraisemblable. Nos institutions sont bordéliques, chaotiques".

Faudrait-il un seul ministre du Climat ?

"Je suis pour un confédéralisme à 4 régions avec des compétences bien claires. C’est invraisemblable le temps qu’on perd en discussions sans fin. Moi, j’en ai marre qu’on perde autant de temps avec des querelles interminables. Je me sens mal à l’aise de vivre dans un pays où la politique perd du temps alors que beaucoup de problèmes sont irrésolus. Aujourd’hui notre principal problème, dit David Van Reybrouck, c’est que nous colonisons le futur, le changement climatique en est un exemple frappant. La colonisation actuelle n’est plus celle des continents inconnus mais celle des décennies et des siècles inconnus. Notre action aujourd’hui est autant motivée par un profit de court terme et par l’esclavage que la colonisation du 19e siècle".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK