David Leisterh, candidat à la présidence du MR bruxellois, veut convaincre les électeurs d'origine étrangère

D’ici quelques semaines, le MR bruxellois élira son président. Qui pour se succéder à Didier Reynders ? Deux personnalités se portent ou vont se porter candidats : Boris Dilliès, 47 ans, bourgmestre d’Uccle et David Leisterh, 35 ans, député bruxellois et président du CPAS de Watermael-Boitsfort, une autre commune du sud de la Région bruxelloise. Invité matinal de Thomas Gadisseux sur La Première, David Leisterh a précisé ses intentions et sa vision du MR bruxellois de demain.

On le rappelle : le Boitsfortois est soutenu par plusieurs ténors comme les députés Françoise Schepmans et Vincent de Wolf, Georges-Louis Bouchez le nouveau président du parti, Didier Reynders président régional sortant… Bref, un candidat taillé pour la fonction au vu des appuis.

Un libéralisme à la Jacques Simonet

"Je le vois, c’est vrai, le MR bruxellois a connu des difficultés ces dernières années. Je vois toute une série de craintes pour Bruxelles. Et donc moi je ne veux pas rester les bras croisés. Je pense qu’en politique, il n’y a pas de plus grand risque que de rester à ne rien faire", affirme le candidat. "Et donc il faut justement prendre des risques." Pour ce faire, il travaille avec une équipe comme la cheffe de groupe bruxelloise Alexia Bertrand. "On veut être au service des militants et rappeler un libéralisme ouvert, celui de Jacques Simonet", ex-patron des libéraux bruxellois, ancien ministre-président décédé en 2007.

Un retour au passé, au glorieux passé bruxellois des libéraux lorsqu’ils dirigeaient la Région entre 1999 et 2004. Depuis, le MR est derrière le PS et même Ecolo au niveau des scores électoraux. Mais quel est le profil du libéralisme à la Jacques Simonet ? "Ouvert" mais aussi "émancipateur, participatif, qui dit la force du travail, la méritocratie, qui dit aussi l’égalité des chances pour les uns et les autres, pas en fait ce phénomène clivant qu’on a peut-être parfois connu qui n’a pas pu convaincre dans certains quartiers" mais aussi les jeunes et les moins jeunes.

Etre le premier parti à Bruxelles

Est-ce le retour du libéralisme social à Bruxelles incarné également en son temps par Louis Michel ? Pour David Leisterh, qui rappelle que les libéraux, alors en fédération avec le FDF, faisait 40% à Bruxelles, "le libéralisme est social par essence, j’aime beaucoup mieux cette expression." Objectif, donc, en 2024, lors des prochaines régionales ? "Etre le premier parti à Bruxelles. On veut en effet revenir aux commandes à Bruxelles. Si ce n’est pas le cas en 2024, on sera presque à un quart de siècle en l’absence des libéraux à Bruxelles." La faute à qui ? Au MR qui n’a jamais pu lutter à armes égales avec les socialistes ? "Je ne suis pas là pour donner un bulletin", évacue le candidat à la présidence régionale. Ceci étant, ce dernier admet : "Peut-être on a eu des difficultés à aller convaincre dans certains quartiers, certaines tranches de la population. Moi j’ai pu constater cela au cours des dernières années, je ne veux donc pas rester les bras croisés avec toute mon équipe."

On a peut-être été un peu trop tiède

Les succès futurs du MR passeront-ils par un MR moins marqué à droite, moins conservateur ? "Un MR qui est fier de porter ce libéralisme ouvert", insiste David Leisterh. "On doit peut-être expliquer différemment notre message. Cette équipe veut pleinement tendre la main vers cette nouvelle sociologie bruxelloise. C’est vrai que peut-être par le passé, on n’a pas su convenablement le faire […]. On n’a peut-être pas suffisamment été courageux pour aller dans certains quartiers où il y a beaucoup de personnes d’origine étrangère, on a peut-être été un peu trop tiède, pas assez courageux. C’est ce que l’on va faire dans une dynamique de porte-à-porte pour convaincre mieux de notre volonté libérale, notre conviction libérale… Parce que je suis convaincu qu’il y a des milliers commerçants dans le Nord-Ouest (Molenbeek, Koekelberg, Jette… NDLR) qui ont de vraies valeurs libérales. On doit simplement mieux aller les convaincre."

Face à David Leisterh, pour l’élection à la présidence du MR bruxellois, certainement une candidature de Boris Dilliès. Mais le Boitsfortois veut éviter la guerre des clans. "Boris Dilliès est quelqu’un d’extrêmement important pour le MR bruxellois", insiste David Leisterh.

Le MR veut une alternative crédible en termes de transition écologique

Bruxelles est entré en transition écologique avec de nouvelles mesures pour le climat, en vue de l'interdiction du diesel, de l'essence… "Nous, on veut être constructif", affirme le député de l’opposition. "Ils (la majorité PS-Ecolo-DéFI, NDLR) parlent beaucoup de la voiture électrique. En attendant, à Bruxelles, on a 17 bornes" de recharge. "Dans d’autres grandes villes, il y en 1600 voire 3000." L’extension du métro? "On attend toujours." La diminution des embouteillages? "Certains veulent supprimer le viaduc (Herrmann-Debroux, NDLR) mais on ne veut pas prolonger le métro […] Il faut absolument apporter une alternative crédible à celles et ceux qui ont malheureusement encore besoin d’une automobile."

L’autre bilan à mettre à l’actif des précédents gouvernements bruxellois, la baisse du chômage, à moins de 20%. Pour le libéral, c’est plutôt un résultat à mettre à l’actif du "gouvernement fédéral, pas bruxellois".

Kir : un PS "faible avec les forts, fort avec les faibles"

Enfin, ces derniers jours ont été marqués par la polémique Emir Kir au PS. "Moi je vois qu’il y a deux semaines, il y a un échevin à Neuprez qui a eu des propos un peu difficiles par rapport aux Roms, en une semaine il a été exclu malgré des excuses. Je vois que le PS ici est extrêmement fort avec les faibles, mais faible avec les forts. Et puis Monsieur Kir n’en est pas à son premier coup." David Leisterh parle d’un récidiviste qui effectue une "courbe rentrante". "S’il s’en sort comme cela, je trouve qu’il s’en sort à bon compte."

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