David Clarinval : "Aujourd'hui, on va libérer la totalité des secteurs à l'exception de certains qui resteront confinés"

Restaurants et bars, secteur événementiel, culturel, sportif, explosion des bulles de contacts, vacances : le menu du Conseil National de sécurité de ce mercredi est copieux, alors que la Belgique poursuit son déconfinement, après la crise sanitaire du coronavirus. Pour David Clarinval, vice-Premier ministre MR du gouvernement fédéral, l’objectif est de libérer "la totalité des secteurs à l’exception de certains" alors qu’auparavant "tout était confiné sauf certains secteurs qui étaient libérés […] On va donner beaucoup plus de liberté aux citoyens et aux entreprises."

Ce mercredi matin, sur La Première, David Clarinval a rappelé la "nouvelle philosophie dans le déconfinement". "Les chiffres sont au vert, les virologues nous ont confirmé" qu’il y a moins de décès, de contaminations, d’hospitalisations. "Il faut féliciter les Belges d’avoir respecté les règles" pendant le confinement dit le vice-Premier. "On passe dans une nouvelle étape", avec cette nouvelle phase de déconfinement.

Cependant, "il ne faut pas relâcher l’attention", la distance sociale "reste d’application mais avec une plus grande flexibilité, avec un plus grand nombre de contacts." La règle des quatre contacts, toujours les mêmes, va sauter. Les Belges pourront ainsi aller au restaurant "à une table de dix. Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut relâcher la pression". La distance sociale est de mise et quand celle-ci n’est pas possible, "il faudra porter un masque".

Des répétitions et des entraînements sans spectateurs dans un premier temps

David Clarinval l’a confirmé ce mercredi matin sur La Première : "Vous allez pouvoir rencontrer beaucoup plus de personnes parce qu’on constate que les Belges respectent bien les règles" des quatre personnes maximum. "On veut veiller à ce que les règles soient plus homogènes et plus claires", que ce soit dans la culture, le sport…

"Par exemple, le fait que l’on puisse faire des répétitions ou qu’on puisse faire des entraînements sans spectateurs dans un premier temps et puis un second temps", envisager la présence du public dès le mois de juillet. Mais avec des règles homogènes. "Aujourd’hui, ce que les Belges ne comprennent pas, c’est qu’on autorise un certain nombre dans un cas et un autre nombre dans tel autre. Et ils comparent. Et c’est incompréhensible."

Le 8 juin sera une date charnière dans le déconfinement. Mais pas pour tous les secteurs, confirme le libéral. "Tous les secteurs vont rouvrir (NDLR : tourisme, Horeca, gîtes, campings…) à l’exception malheureusement des dancings".

David Clarinval plaide pour une fermeture de l’Horeca à 1 h du matin

Le secteur de l’Horeca se montre toutefois prudent. Il craint les faillites, notamment si des mesures trop strictes sont mises en place en termes d’accueil des clients, qui pourraient décider de ne pas venir. Egalement, si les instances publiques n’aient plus financièrement les gérants d’établissements et leur personnel. "Les grands secteurs doivent signer un protocole avec les ministres responsables qui permet de prévoir les conditions dans laquelle la reprise est possible" (NDLR : exemple avec les marchés limités à 50 échoppes). Il y a eu des règles qui ont été implémentées."

Ici, "c’est pareil." Un protocole devra être signé. Un assouplissement des règles "trop étriquées" est prévu. David Clarinval pense à l’imposition de fermer à minuit. "On pourrait imaginer plutôt que ce soit 1h du matin". Objectif : la viabilité de la reprise. "Il ne faut pas que les frais de reprises soient supérieurs à ce que cela permet d’engendrer comme revenus."

Mesures de soutien

David Clarinval confirme : des mesures de soutien seront proposées. Les secteurs qui fermeront malgré la phase 3 du déconfinement seront aidés "de manière plus importante". Autre mesure proposée avec les dix partis autour de la table : un chèque de 250 euros pour les bénéficiaires d’un revenu d’intégration ou porteur d’un handicap. En parallèle, serait créé un chèque Horeca, une sorte de chèque-repas remis par l’entreprise à ses travailleurs pour être utilisé dans l’Horeca "et on espère l’élargir à la culture". Un avantage pas obligatoire, qui doit permettre de soutenir la consommation.

"On constate deux choses. Quand on parle avec la Banque nationale, il faut massivement injecter des liquidités dans le système économique pour permettre que les entreprises conservent une solvabilité et des liquidités suffisantes pour passer la crise". Ensuite, "globalement, comme il y a eu une contrainte à la consommation – les gens étaient confinés chez eux, les restaurants étaient fermés, il n’y avait pas moyen pour certains de consommer ou ils ont peur - donc ils épargnent. Il y a plus de dix milliards d’épargnes en plus sur les comptes aujourd’hui. C’est une forme de contrainte. Cet argent reste sur les comptes. Il faut pallier ce manque en permettant aux Belges de consommer notamment vers les secteurs qui ont été fermés plus longtemps. Ce chèque permet d’orienter la consommation vers ces secteurs."

Ce n’est pas parce qu’on déconfine que le chômage s’arrête

Le vice-Premier a également confirmé ce mercredi matin que le droit-passerelle serait prolongé jusqu’à la fin de l’été, plusieurs semaines donc après la réouverture. "Ce n’est pas parce qu’on déconfine la phase 3 que subitement le chômage temporaire et la passerelle s’arrêtent." Un restaurant qui rouvre pourrait ne mettre au travail que la moitié de son personnel, en raison des contraintes. "Il doit pouvoir bénéficier du chômage temporaire pour l’autre moitié. Idem pour l’employeur" estimant que les conditions de reprise sont trop strictes.

D’autres mesures sont sur la table et en cours de négociation comme la diminution du précompte professionnel, la déduction pour les investissements majorés… "Mais en tout cas, le chômage et la passerelle, ça c’est déjà décidé" et acté par les dix partis qui soutiennent le gouvernement fédéral "pouvoirs spéciaux-coronavirus". Un plan de soutien qui sera voté vendredi avant un grand plan de relance de l’économie belge qui demande une majorité stable au Parlement, "avant le 21 juillet". L’appel du libéral aux partis intéressés est lancé.

 

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