Dans tous les hôpitaux, les règles pour les visiteurs devraient être les mêmes, plaide le directeur médical du Grand hôpital de Charleroi

Invité de Jeudi en Prime, sur la Une, après le Journal Télévisé de 19h30, le Dr Manfredi Ventura, Directeur médical du Grand hôpital de Charleroi estime qu’il serait opportun d’uniformiser entre hôpitaux les règles imposées aux visiteurs. Au bout de presque un an d’épidémie de Covid, les hôpitaux ont à faire face à des comportements difficiles à gérer de la part de visiteurs qui ne respectent pas les règles sanitaires en vigueur.

Le personnel des hôpitaux est passé des applaudissements à 20 heures à l’énervement de certains visiteurs

Il y a près d’un an, alors que l’épidémie de Covid déferlait sur la Belgique, dans beaucoup de rues du pays, les habitants sortaient, s’installaient sur les balcons ou ouvraient les fenêtres pour applaudir le personnel soignant qui faisait face, dans les hôpitaux, à une situation sans précédents.

Un an plus tard, l’épidémie est toujours là. Dans certains hôpitaux, les patients "Covid" sont toujours là dans des proportions qui restent préoccupantes. "On est sur le fil du rasoir, on peut basculer d’un côté ou de l’autre", estime le Dr Manfredi Ventura, Directeur médical du Grand hôpital de Charleroi. Certes, à l’échelle du pays, 434 patients sont actuellement en soins intensifs, mais dans 5 hôpitaux du pays, les patients "Covid" occupent la moitié des lits des unités de soins intensifs. De quoi rester prudent et appeler la population à se montrer prudente et compréhensive.

Force est de constater qu’aujourd’hui dans les hôpitaux, il semble plus difficile de compter sur la collaboration des visiteurs pour respecter les règles sanitaires, des règles qui ont toute leur importance dans un hôpital. "Autant pendant la première vague, on a été applaudis, autant depuis plusieurs mois, on ramasse plutôt des volées de bois vert. Les gens sont agressifs. Je pense qu’il y a toute cette ambiance qui est là et ils ne comprennent pas que si on leur permet d’aller à deux ou trois dans les supermarchés, ils ne peuvent pas faire la même chose dans les hôpitaux", explique le Dr Manfredi Ventura.

Il faudrait les mêmes règles dans tous les hôpitaux

Le Dr Manfredi Ventura estime qu’une des difficultés est le fait qu’il n’y ait pas de règles générales en Belgique pour les visites dans les hôpitaux, qu’il s’agisse de proches rendant visite à un patient ou de personnes venant à l’hôpital pour une consultation. Des hôpitaux sont stricts, n’autorisent pas de visites. D’autres autorisent un visiteur. Certains acceptent que des patients en consultation soient accompagnés, d’autres pas. Autant de règles différentes qui n’aident pas au respect des consignes par les visiteurs. A cela s’ajoute le contexte, après un an de crise sanitaire, où beaucoup, par lassitude ou par ras-le-bol négligent aussi de respecter ces règles.

C’est pourquoi le Dr Mandredi Ventura plaide pour une harmonisation des règles dans tous les hôpitaux, par exemple un règlement fédéral. "On voudrait un règlement fédéral ou régional, que ça soit la même chose dans tous les hôpitaux. D’abord, cela éviterait une discordance entre les hôpitaux qui peuvent être voisins, ce n’est pas le cas à Charleroi parce qu’on s’entend et que naturellement, on fait en général la même chose. Mais voir des gardes se faire agresser parce que des gens n’acceptent pas que des gens viennent en troupe voir un patient, un proche ou que des gens qui rentrent dans des chambres de malades ne portent plus le masque, c’est un problème", regrette le Dr Manfredi VenturaIl explique que des gens viennent parfois à quatre ou cinq ensemble à l’hôpital. Refoulés à l’entrée, ils se débrouillent pour rentrer de façon séparée et se retrouvent ensuite à l’intérieur. Après, ce sont les infirmières qui, à l’étage doivent faire la police", constate le Dr Manfredi Ventura.

Avoir les mêmes règles dans tous les hôpitaux permettrait d’éviter peut-être que les esprits ne s’échauffent.

Ce règlement fédéral des visites dans les hôpitaux a-t-il des chances d’aboutir ? "Je sens qu’il y a quelque chose, qu’il y a un frémissement", pense le Dr Ventura. Il reste cependant prudent. "J’attends qu’on m’en parle parce que je voudrais que ça soit fait avec des gens de terrain et pas que ça soit pondu au fond d’un cabinet par des gens qui n’ont qu’une vague vision de l’hôpital", conclut-il.

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