Dans les grandes villes wallonnes, plus que le MR, c'est le PS et le cdH qui souffrent

Dans les grandes villes wallonnes, plus que le MR, c'est le PS et le cdH qui souffrent
Dans les grandes villes wallonnes, plus que le MR, c'est le PS et le cdH qui souffrent - © Tous droits réservés

"Il faut que, dans mon parti, l’on fasse plus attention à la vie en ville. Les villes à la campagne, ça a eu un coût environnemental, un coût social, et se dire que les défis des villes sont très importants. Les villes sont les réceptacles de plus de difficultés, de plus d’enjeux, mais elles sont aussi la solution, l’avenir. J’en ai un peu marre que l’on oppose les rats des villes et les rats des champs. Les villes sont le défi d'aujourd’hui." La Liégeoise Christine Defraigne n’est pas connue pour garder sa langue en poche. Le MR a souffert à Bruxelles et de façon générale dans les grandes zones urbaines. Mais une analyse poussée des chiffres wallons montre que le parti libéral n’est pas le seul à éprouver de grandes difficultés.

Nous avons choisi 12 villes et communes, les 12 plus peuplées de Wallonie : Charleroi, Liège, Namur, Mons, La Louvière, Tournai, Seraing, Mouscron, Verviers, Herstal, Braine-L’Alleud et Châtelet. Nous avons comparé le nombre d’élus, entre 2012 et 2018, en tenant compte, bien évidemment, de l’évolution des listes, avec, par exemple, des cartels qui n’ont pas tenu, comme à Herstal ou Braine-L’Alleud.

PTB et Ecolo à la fête

Nous devons constater que contrairement à l’analyse initiale faite par nombre de politiques et d’observateurs, le MR n’est pas le seul à souffrir dans les villes. C’est le cdH qui, proportionnellement, perd le plus d’élus à l’échelon local : 19,76%. Le PS voit filer 36 postes de conseillers communaux, soit pas loin de 16% de son total de 2012. Nul doute que le Boulevard de l’Empereur a conscience de cette évolution. Car, dans le même temps, le PTB n’est pas loin de quadrupler son nombre d’élus locaux. Le parti part de très, très bas, certes, mais 41 sièges en plus, c’est supérieur au contingent socialiste qui a disparu (et à noter que le PTB ne s'est pas présenté à Châtelet, Braine-L'Alleud et Mouscron). L’autre parti qui progresse significativement, c’est évidement Ecolo : 19 élus supplémentaires, 46% en plus par rapport à 2012.

Cela ne concerne, pour rappel, que les douze villes et communes les plus peuplées de Wallonie, qui représentent, au total, un peu moins d’1.050.000 habitants, selon les chiffres de l’Union des villes et communes. Les villes, "enjeu d’aujourd’hui" disait Christine Defraigne : d’aujourd’hui et du 26 mai 2019, jour des élections fédérales, régionales et européennes pour les trois partis traditionnels. Le MR n’est pas le seul dans la galère urbaine. Le PS et le cdH sont, aussi, en première ligne.

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