Dans la rue contre la réforme des congés maladie de la fonction publique

Plusieurs milliers de personnes sont attendues ce vendredi matin dans les rues de Bruxelles. Le front commun syndical (CSC, CSGP et SLFP) a en effet appelé à une manifestation pour dénoncer la réforme du régime de congé maladie dans la fonction publique. Les organisations syndicales tablent sur la participation de 5 à 10.000 personnes qui défileront à partir de 11h30, depuis le boulevard Albert II jusqu'au Mont-des-Arts dans le centre de la capitale. En raison de cette action, des perturbations sont à prévoir aujourd'hui dans les administrations tant fédérales que régionales. 

Catalyseur de cette manifestation : la réforme du congé maladie 

Parmi les 28 mesures du "job deal", le grand accord de l'été du gouvernement fédéral en marge des négociations pour le budget 2019, cette réforme-ci était d'abord passée inaperçue. Le fédéral prévoyait donc de supprimer la possibilité pour les fonctionnaires de cumuler au fil des ans les jours de congés maladie qu’ils ne prennent pas. Actuellement, les travailleurs de la fonction publique (à l’exclusion des contractuels) peuvent prendre jusqu’à 21 jours d’arrêt maladie en gardant un salaire à 100 %. Au-delà, ce dernier est raboté à 60 %.

D’année en année, ces 21 jours s’additionnent, parfois jusqu’à la fin de leur carrière. Le gouvernement a estimé que cette "cagnotte" de jours permettrait des départs anticipés à la retraite. Dès le 1er janvier 2019, ce système n’existera plus : les jours non utilisés expireront automatiquement à la fin de l'année. Pour ceux qui ont déjà accumulé, rien ne change, mais un nouveau système va être mis en place progressivement. De quoi aligner les fonctionnaires sur le privé, avec 30 jours par an, mais non cumulables.

Une "déclaration de guerre" pour les syndicats

Côté syndical, on évoque d'abord une rupture de confiance : le front commun syndical, négociant depuis avril dernier une réforme du statut des fonctionnaires fédéraux, dénonce une mesure adoptée pendant l'été et sans concertation. Une "déclaration de guerre" pour le président de la CGSP Michel Meyer. Et surtout l'exploitation de mythes ou d'abus du passé concernant ces fonctionnaires partant plus tôt à la retraite. "À un moment donné, il faudrait arrêter. Ces personnes-là sont couvertes par un certificat médical délivré par une personne qui a fait des études et qui atteste que les gens ne peuvent pas travailler. Ils sont sous certificat médical et peuvent être contrôlés". Des syndicats qui répètent que ces jours servent bien à protéger le fonctionnaire en cas de maladie ou d'accident domestique. "La maladie n'est pas un choix et les jours de maladie ne sont pas des congés", s'insurgeait le front commun dans un communiqué. Michel Meyer conseillant aussi au gouvernement de s'interroger sur le "pourquoi du grand nombre de congés maladie pour les fonctionnaires en fin de carrière !"

Mais la réforme des congés maladie ne constitue que "la goutte d'eau qui fait déborder le vase", explique Silvana Bossio de la CSC Services publics. Le manque de concertation, le recrutement de contractuels avec une situation précaire, le manque d'effectifs dans certaines fonctions figurent aussi parmi les griefs des organisations syndicales. "La réforme du régime maladie ne représente que le dénominateur commun de la contestation" ajoute Mme Bossio.

Une mesure particulièrement sensible donc pour les administrations, les corps spéciaux (policiers, pompiers, militaires) et les entreprises publiques. Des fonctionnaires de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que des travailleurs de bpost, Proximus et du TEC, entre autres, devraient également rallier la manifestation ce vendredi pour déplorer, eux, l'absence d'arrêtés d'application concernant l'élargissement de l'accès à un emploi statutaire et l'aménagement de fin de carrière à partir de 60 ans, ainsi qu'une "promesse non tenue" en matière de revalorisation. Une solide coalition de mécontentements à attendre donc dans les rues de la capitale. 

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