"Dans la déclaration des droits de l'homme, il y a 70 ans, deux articles sont sur le droit d'asile, il faut s'en souvenir"

A l'occasion du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, Olivia Venet, présidente de la Ligue des droits de l'homme était l'invitée de Matin Première.

Pour elle, "il est important qu'on ait fait le choix de soutenir ce pacte migratoire. Je pense que c'était essentiel. En tant que présidente de la Ligue des droits humains, j'aurais voulu soutenir quelque chose de plus ambitieux, et c'est donc un minimum de soutenir ce pacte migratoire. Bien sûr qu'on soutient, bien sûr qu'on est content que la Belgique y aille et se range du côté du multilatéralisme, et pas du côté des pays qui vont vers l'exclusion et qui vont dans l'autre sens, mais c'est un minimum de soutenir ce pacte aujourd'hui. J'aurais voulu soutenir quelque chose de plus ambitieux".

Le fait que le sommet de Marrakech ait lieu aujourd'hui, le jour de l'anniversaire des 70 ans de cette Déclaration des droits de l'homme, n'est pas du tout anodin: "Il faut se rappeler dans quel contexte cette Déclaration a été adoptée: juste après la Deuxième Guerre mondiale, à un moment où tant de gens ont été jetés sur les routes de la migration et ont dû se déplacer pour des questions d'asile et de protection parce qu'ils étaient persécutés. Il y a deux articles qui ont trait à ça dans la Déclaration et il faut la relire aujourd'hui. Elle a 70 ans, mais elle reste complètement d'actualité. Ces droits restent vivants, restent aujourd'hui à devoir être appliqués. Deux droits qui ont trait à l'asile, c'est évidemment ça la leçon de la Deuxième Guerre mondiale, et je trouve ça incroyable qu'on n'arrive pas à s'en souvenir, qu'on ait la mémoire si courte. 70 ans, c'est un certain temps, mais ce n'est pas si âgé que ça non plus. Je trouve qu'il faut pouvoir s'en souvenir aujourd'hui".

Olivia venet s'est aussi félicitée de la fin des "quotas" de demandeurs d'asile, décrétée par Maggie De Block, qui prend le portefeuille de l'asile et des migrations: "Nous avions introduit un recours au Conseil d'État contre cette décision de limiter, qui nous paraissait tout à fait illégale. Donc, si ces quotas sont supprimés, je pense que ce sera déjà une bonne chose et que ça ramènera un peu de paix."

Elle refuse par compte de prendre une position politique sur qui est un partenaire plus acceptable ou moins acceptable: "On verra les décisions qu'elle prendra, mais en soi, on est toujours ouvert à la Ligue à n'importe quelle discussion. Pour autant, on se base sur les décisions, on essaie de ne pas s'attacher à quel parti prend quelle décision, mais plutôt sur la manière dont les décisions sont prises".

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