Daniel Piron, FGTB Charleroi: "Nous voulons la rupture avec le PS"

Daniel Piron
Daniel Piron - © RTBF

La FGTB de Charleroi lance une plate-forme à la gauche du PS. Pour son secrétaire régional Daniel Piron, interrogé par la RTBF, les gouvernements à participation socialiste pratiquent "des politiques néo-libérales".

La FGTB Charleroi organise samedi avec la CNE-Hainaut un meeting pour créer une "alternative de gauche à la crise capitaliste". Des formations de la gauche radicale sont aussi invitées, mais il n’est pas question de créer un nouveau parti explique Daniel Piron, secrétaire régional de la FGTB Charleroi/Sud-Hainaut, au micro de Bertrand Henne: "Il y a une volonté de travailler ensemble et d’élargir la réflexion aux autres instances syndicales de la FGTB et de la CSC".

La secrétaire générale de la FGTB Anne Demelenne a été très applaudie lors du dernier congrès du PS. Cela augure-t-il d’une relance de l’"action commune" socialiste, qui associait étroitement le syndicat et la mutuelle au parti ? "C’est de la communication plus qu’autre chose. Le parti socialiste commence à sentir qu’une lame de fond très critique par rapport à ses actions gouvernementales est en train de se mettre en place, et le président Paul Magnette veut surtout ramener vers le PS un certain nombre d’électeurs déçus. Le PS mène une opération de récupération de personnes qui ont quitté depuis longtemps la ligne de ce parti, et ce sont aussi ceux avec lesquels nous travaillons au niveau de nos militants" précise Daniel Piron.

Des "politiques néo-libérales"

Pour Daniel Piron, le PS et Ecolo "ne sont plus des partis qui relaient les revendications du monde du travail. Ces partis sont intégrés au système. Si l’on examine les politiques menées par des gouvernements à participation socialiste, la plupart des mesures qui ont été prises et qui touchent le monde du travail sont des politiques néo-libérales". Son initiative est-elle isolée ? "Il faut toujours qu’il y en ait un qui se lève le premier. La FGTB Charleroi a pris le risque de se lever le premier pour dire que, cette rupture avec le PS, nous la voulons maintenant. Et nous avons été rejoints par la CNE".

La FGT est présente dans les instances dirigeantes du Parti socialiste mais "ne croyez pas qu’Anne Demelenne va au bureau du PS comme on va à Canossa: elle critique très fortement la position des socialistes" avertit Daniel Piron. Le but de cette future plate-forme de ce que Daniel Piron appelle "la vraie gauche" n’est pas de créer des listes en vue des prochaines élections : "La précipitation nuit à l’objectif qu’on poursuit, nous voulons travailler en profondeur".

Daniel Piron ne croit pas que le président actuel du PS puisse faire prendre un virage à gauche à son parti: "Le PS n’est pas un homme, c’est un ensemble de personnes et je ne pense pas que Paul Magnette seul puisse y arriver".

A.L. avec B. Henne

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