Daniel Bacquelaine:"Je ne fais pas marche-arrière sur le système de pension à points"

Alors que les trois principaux syndicats organisent un front commun ce mercredi à Bruxelles, le ministre fédéral des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR), est convaincu que le système des pensions à point est une "réforme absolument indispensable".

Le ministre fédéral dénonce "un déficit en termes d’activité": "En Belgique, on quitte sa carrière en moyenne à 60 ans alors que c’est 63 ans en Europe. La carrière moyenne belge est de 32 ans contre 35 ans en Europe." Selon lui, il faut tenir compte de ces paramètres non seulement pour les travailleurs d’aujourd’hui mais aussi pour les générations futures.

Il explique que l’accord de gouvernement prévoit l’entrée en vigueur du système en 2030 : "Je ne fais pas marche-arrière sur le système à points. Nous avons décidé de l’anticiper à 2025."

Je ne me laisse pas enfermer dans un calendrier

Les syndicats critiquent le manque de concertation, ce que réfute le ministre MR: "On ne peut pas à la fois me reprocher un manque de concertation et me dire que la réforme aurait déjà dû être votée. La concertation est importante, un travail de pédagogie est nécessaire."

Il refuse de répondre à la question de savoir si la réforme sera adoptée avant la fin de la législature. "Je ne me laisse pas enfermer dans un calendrier. Je ne suis pas capable de vous dire quand le vote va intervenir au Parlement. C’est un processus en continuité."

Selon lui, cette réforme qui tient davantage en compte de la durée de la carrière, qui est plus juste que le système actuel. C’est beaucoup moins une loterie. "Elle est plus juste car elle assure un lien entre la pension et la carrière et tient compte de l’évolution salariale. L’âge sera mieux pris en compte."

Volonté de concertation

Daniel Bacquelaine ajoute: "Je suis toujours à l’écoute de ce que disent les syndicats. Je m’étonne toutefois qu’ils manifestent contre une pension à points comme un système de loterie injuste. Le projet contre lequel ils manifestent n’est pas le mien, ni celui du conseil académique. Je peux difficilement croire qu’ils n’ont pas compris ce qui a été expliqué maintes et maintes fois au comité national des pensions. Je m’interroge sur l’aspect purement politique de cette manifestation."

Alors que les syndicats dénoncent la mort de la concertation sociale, le ministre déclare que le comité national des pensions, un organisme qui n’existait pas préalablement a été mis en place. "Il faudrait qu’il y ait une volonté partagée de concertation et pas seulement une opposition idéologique et systématique. Quand on dit que le système à points n’est socialement pas juste, on dit le contraire de la vérité."

Le ministre MR explique que ce sont les gouvernements et les parlements qui créent les décisions politiques: "Bien entendu, on écoute et on réalise la concertation sociale, c’est ce que l’on fait sur la pénibilité notamment."

Enseignant : métier pénible ?

D'après Daniel Bacquelaine, la négociation est en cours et les syndicats y participent. Ils ont défini eux-mêmes avec le gouvernement des catégories de critères de pénibilité. Il ne veut pas donner plus de détails sur quels métiers sont concernés.

Dans le projet de loi pénibilité pour la fonction publique, le gouvernement supprime tous les régimes préférentiels qui sont de vieux systèmes. Le ministre justifie: "Ces régimes ne correspondent plus à la réalité des métiers d’aujourd’hui. Les avantages acquis restent acquis. Pour les années qui viennent, on tiendra compte des critères de pénibilité. Je ne préjuge pas de quels métiers seront reconnus pénibles puisque nous voulons le faire avec les organisations syndicales."

L'invité de la Première a confirmé que le MR a considéré que le métier d'enseignant devait être considéré en termes de pénibilité. "Je ne vais pas définir moi-même les critères, je tiens compte de la concertation sociale. Dès la semaine prochaine, les syndicats vont le faire avec nous.C’est une adaptation de la réalité des métiers d’aujourd’hui. C’est clair qu’une infirmière ne va évidemment pas travailler jusqu’à 67 ans, idem pour les institutrices de maternelle."

Il s’étonne par ailleurs que les syndicats manifestent contre l’octroi de nouveaux droits aux travailleurs, "ça me paraît incohérent".

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