D. Ducarme (MR): "J'appelle le Premier ministre à revenir sur le fond des débats"

D. Ducarme (MR): "J'appelle le Premier ministre à revenir sur le fond des débats"
D. Ducarme (MR): "J'appelle le Premier ministre à revenir sur le fond des débats" - © Tous droits réservés

Le député MR Denis Ducarme, invité de Matin Première ce jeudi, l'affirme: la communication du Premier ministre et du PS est problématique. Il souhaite revenir à des sujets qui intéressent les Belges. Et met en avant le financement de la Défense, véritable souci, d'après lui.

Le Premier ministre doit aller dimanche accueillir les pandas de Pairi Daiza? "Je trouve ça extrêmement important qu’il aille accueillir les pandas mais je voudrais qu’on veille véritablement à une forme d’équité", ironise Denis Ducarme. "J’entends interpeller le centre pour l’égalité des chances afin que le premier ministre aille aussi rendre visite au girafon qui vient de naître au zoo de Planckendael".

Communication et divertissement

Denis Ducarme est agacé. Acide, il ajoute que la place d'Elio Di Rupo est dans les débats sur le fond "sur les enjeux socio-économiques, dans le cadre d’un certain nombre de débats où le premier ministre serait parfois confronté à un certain nombre d’autres politiques, confronté à d’autres projets, à l’approche d’une élection, que les citoyens l’attendent légitimement".

Denis Ducarme ajoute que le choix de la communication du premier ministre pose question: il s'agirait plus de divertissement que de politique, et les images diffusées sur une télévision flamande, occasionnant des remous dans toute la presse, ne sont pas dues au hasard: "S’il fait passer un certain nombre de choses de divertissement dans la presse, il ne le fait pas par hasard. Et c’est là où je l’appelle vraiment à revenir sur le fond". "Les Belges ne comprennent pas", ajoute le député libéral.

"Instrumentalisation" des personnes issues de l'immigration

Et de critiquer également la stratégie globale de communication du PS, par exemple dans le cadre des commémoration des 50 ans de l'immigration marocaine et turque: omniprésence du PS? Sarah Turine elle-même "d’Ecolo indiquait qu’elle avait l’impression d’être à un congrès du PS", répond-il. "Le cinquantième anniversaire de l’immigration marocaine, cette immigration économique que nous appelons aussi de nos vœux pour l’avenir, elle ne pouvait pas, nous ne pouvions pas, nous regrettons que certains aient souhaité l’instrumentaliser. Ça a été le cas, c’est regrettable. Cet anniversaire valait mieux que ça".

A la question de savoir si le MR n'était pas lui-même absent de ces manifestations, le député botte en touche: "Je crois qu’on est beaucoup plus présent que vous ne le pensez. Je pense que vous ne savez pas que nous travaillons véritablement avec des personnes issues de l’immigration qui adhèrent au projet réformateur qui est un projet de valeur en matière de vivre ensemble".

"Il est clair qu’il y a une démarche que nous faisons moins, c’est la démarche de mettre en avant des personnes parce qu’elles seraient issues des communautés d’origine étrangère. Ce n’est pas comme ça que nous voulons identifier la participation de ces personnes-là parce que nous ne voulons pas en effet glisser sur la pente dangereuse du communautarisme".

L'armée, une question de crédibilité

Et de revenir sur une question importante: l'armée. "L’armée belge est en grande difficulté au point où nous avons pu assister il y a quelques semaines à quelque chose de tout à fait inédit dans l’histoire de notre armée.Plus d’une dizaine de généraux sont arrivés par surprise au cabinet du ministre De Crem pour lui indiquer qu’ils ne pourraient plus assumer ce qui leur est demandé. Et donc, il est clair que quand on regarde les chiffres, on voit qu’au niveau des compétences régaliennes de l’Etat, vous avez eu entre 2009 et 2013 une augmentation au niveau de la Justice, une augmentation au niveau de l’Intérieur mais une diminution de 7% de dépenses au niveau de la Défense nationale à qui on demande beaucoup". Denis Ducarme estime que la défense manque cruellement de moyens, et qu'il en va de la crédibilité du pays au niveau international.

"Depuis 1981, quand on regarde les dépenses en matière de budget au niveau de la défense, on voit qu’on retranche", explique-t-il. "Je pense qu’il faut qu’il y ait une forme de prise de conscience collective, au-delà des frontières partisanes, pour se rendre compte que si on veut encore un minimum peser dans un certain nombre de débats, pas uniquement ceux liés à la défense, ceux également liés aux relations extérieures, ceux liés à l’engagement sur le plan européen, nous ne pourrons pas continuer à considérer à terme la défense nationale comme la vache à lait budgétaire des gouvernements qui se suivront".

 

W. Fayoumi, avec B. Henne

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