Cybersécurité: Elio Di Rupo espère un accord avant les élections

Le gouvernement fédéral n'a pas dégagé les moyens promis pour la cybersécurité
Le gouvernement fédéral n'a pas dégagé les moyens promis pour la cybersécurité - © Belga

Le Premier ministre Elio Di Rupo a annoncé jeudi la mise sur pied d'un groupe de travail pour examiner l'allocation des dix millions d'euros promis fin 2013 pour renforcer la cybersécurité en Belgique en se réjouissant du fait que les six partis membres de la coalition gouvernementale soient désormais prêts à trouver un accord sur la répartition de ce montant.

"Si un accord est trouvé, ces moyens pourront encore être libérés avant les élections (du 25 mai), comme prévu dans le budget pour 2014", a-t-il indiqué dans un communiqué diffusé uniquement en néerlandais.

Le journal De Tijd a révélé jeudi matin que les dix millions d'euros promis par le gouvernement fédéral afin d'améliorer la cybersécurité en Belgique n'ont pas été libérés "faute de temps", selon les services du Premier ministre Elio Di Rupo. Ce qui a provoqué une avalanche de critiques de la part de pratiquement tous les partis de la majorité, ainsi que de l'opposition.

"Le gouvernement a approuvé, comme prévu dans l'accord de gouvernement de 2012, une stratégie globale en matière de cybernétique, un dossier qui était en souffrance depuis des années", a fait valoir M. Di Rupo.

Cet accord prévit notamment la création d'un centre pour la cybersécurité.

"Il est inexact d'affirmer qu'il n' pas été possible de trouver un accord sur la répartition de ces moyens supplémentaires. Tous les partis (de la majorité) n'étaient pas sur la même ligne quant à leur affectation exacte. Certains voulaient investis dans du personnel supplémentaire, d'autres dans une meilleure infrastructure", a conclu le Premier ministre.

Ecolo dénonce de l'"amateurisme"

Ecolo avait dénoncé l'abandon par le gouvernement fédéral de sa promesse de dégager 10 millions d'euros pour lutter contre la cybercriminalité, promesse qui selon les Verts constituait déjà un "écran de fumée".

Rappelant les affaires qui ont menacé la cybersécurité du pays et les soupçons pesant sur la NSA américaine (dont on n'a pipé mot lors de la visite du président américain Barack Obama), le GCHQ britannique et le système PRISM, le sénateur sortant Benoît Hellings est d'avis que "l'amateurisme est total" dans le chef du gouvernement.

Au-delà de l'absence des moyens, Ecolo rappelle également que la lutte contre la cybercriminalité est aussi une question de méthode. A cet égard, il invite les autorités officielles à privilégier les "logiciels libres". Il dénonce une nouvelle fois le vote d'un certain nombre de lois potentiellement "liberticides" (collecte systématique des données téléphoniques et internet, base de données de la police...) alors même que l'État ne se protège pas contre le vol informatique. Les Verts appellent à corriger cette situation lors de la prochaine législature.

Dallemagne consterné par la "légèreté" d'Elio Di Rupo

Le député Georges Dallemagne (cdH) s'était déclaré jeudi "consterné".

"Si la nouvelle devait être exacte, ce serait extrêmement inquiétant", a-t-il souligné dans un communiqué. "Le manque de temps invoqué par le Premier ministre me laisse pantois", a ajouté M. Dallemagne, rappelant qu'il avait alerté depuis de très longs mois M. Di Rupo quant à l'urgence de prendre des décisions fortes et efficaces en matière de cybersécurité. Le député humaniste avait déposé une proposition de résolution en juin 2013 et demandé un débat d'urgence au Parlement.

De grosses lacunes

Le Comité R, qui chapeaute le renseignement en Belgique, avait averti en 2011, bien avant les révélations d'Edward Snowden, que la Belgique affichait de grosses lacunes en matière de cybersécurité. Le gouvernement Di Rupo avait pris en considération les recommandations du Comité R dans son accord de gouvernement et une nouvelle stratégie avait été mise au point afin de sécuriser les systèmes et réseaux informatiques belges.

Quelques semaines avant les élections cependant, les moyens promis n'ont toujours pas été dégagés. Seule la mise sur pied d'un Cybersecuritycentrum a été approuvée en deuxième lecture lors du dernier conseil des ministres avant d'être envoyée au Conseil d'Etat.


Belga

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