Rudi Vervoort: "Mayeur et Peraïta doivent quitter le PS"

Il a dû revenir du Canada en catastrophe, prévenu par téléphone que Benoit Lutgen, président du cdH, ne voulait plus continuer à gouverner avec le PS dans les entités fédérées, car il était devenu un partenaire "infréquentable", miné par les affaires.

Une surprise totale pour Rudi Vervoort, invité ce soir de Jeudi en Prime (Jep). Le ministre-président de la Région bruxelloise dénonce le geste posé par le cdH. "Les Bruxellois sont les otages, le dégât collatéral d’une stratégie décidée dans le sud du pays".

Mais passé le choc de la répudiation surprise, le PS bruxellois tente de reprendre ses esprits. Les calculettes socialistes tournent à plein régime. Mathématiquement tous les espoirs sont permis, y compris celui de se maintenir dans la majorité à la Région bruxelloise et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. En Wallonie, le scénario d’une nouvelle coalition MR-cdH et du (seul) député "J’existe" tient un peu plus la corde, mais les jeux sont loin d’être faits.

En coulisses

Officiellement, en tout cas, le PS attend. "Nous ne lançons pas d’invitations, nous ne sommes pas responsables de la crise", précise Rudy Vervoort.  Mais en coulisses on s’active, les téléphones chauffent, les contacts discrets et informels se multiplient. Objectif : renvoyer le cdH à ses chères études et poursuivre l’aventure avec DéFi et Ecolo.

Et plus si affinités

Encore faut-il apprivoiser les deux partenaires potentiels. Ecolo et DéFi se sont laissés approcher, mais ils n’ont pas l’intention de se laisser séduire sans opposer de résistance.

Les deux partis ont fait connaître leurs exigences : un catalogue de mesures de bonne gouvernance pour les Verts, un sérieux coup de balai et le ménage au sein du cdH, du MR mais aussi du PS pour DéFi.

Rudi Vervoort estime cependant que le PS ne les a pas attendus pour prendre des mesures. Et de rappeler que le PS s’est positionné sur le décumul intégral. Ce qui d’ailleurs, estime-t-il, donne un éclairage particulier sur ce divorce décrété unilatéralement par le cdH. "Maxime Prévot (cdH) a eu quelques difficultés à concevoir qu’il ne pourrait plus être bourgmestre de Namur et ministre" quand la question d’un décumul intégral a été discutée.

Cela étant, Rudi Vervoort souligne "les indéniables affinités en matière de gouvernance avec Ecolo et DéFi. Et quant à nettoyer les écuries d’Augias, Rudi Vervoort rappelle que dans le cadre de l’affaire du Samusocial, le parti a pris des mesures radicales à l’encontre des deux principaux protagonistes, Pascale Peraïta et Yvan Mayeur. "D’ailleurs, ce n’est pas à cause du Samusocial que le cdH a décrété le PS infréquentable, mais ça a été le prétexte". Et s’il entend bien que la commission de vigilance du parti doit faire sereinement son travail, il est favorable à ce que Pascale Peraïta et Yvan Mayeur quittent le parti, "pour l’honneur du PS".

En attendant une éventuelle nouvelle majorité, celui qui est ce soir toujours ministre-président bruxellois veut que le gouvernement régional continue le travail, même s’il s’inquiète sur l’attitude du Parlement. "J’attends toujours une réponse sur la collaboration des parlementaires cdH quand il s’agira de voter les textes".

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