Crise politique: nouvelle journée de rencontres pour le roi qui clôturera ses consultations ce vendredi matin

Le roi Philippe a repris ses consultations des présidents de partis politiques ce jeudi à 9h00 en recevant Meyrem Almaci (Groen). Elle a été suivie du duo Ecolo Zakia Khattabi et Jean-Marc Nollet, puis du sp.a John Crombez, du CD&V Wouter Beke. Les deux derniers présidents de partis reçus ce jeudi ont été Olivier Chastel (MR) et Olivier Maingain (DéFI)

Le PTB a annoncé que le président, Peter Mertens, serait reçu vendredi matin. Le roi recevra ensuite dès 10 heures le président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA). Enfin, la journée royale se clôturera avec une rencontre avec l'actuel Premier ministre, Charles Michel (MR), à 11h15.

La veille, le chef de l'État avait déjà vu Benoît Lutgen (cdH), Gwendolyn Rutten (Open Vld), Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS). A priori, ni le Vlaams Belang, ni le Parti Populaire, ni les députés indépendants Vuye et Wouters ne sont attendus.

Si l'audience du PTB vendredi matin se confirme, il faudra donc attendre vendredi pour une communication officielle du Palais. Le Roi fera alors part de sa décision.


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Trois hypothèses

Ce défilé des présidents de parti fait suite à la démission mardi du Premier ministre Charles Michel, que le souverain tient en suspens. En principe, Philippe pourrait refuser cette démission, mais cette hypothèse semble improbable vu la menace persistante d'une motion de méfiance à la Chambre contre le gouvernement minoritaire. 

La piste d'élections anticipées paraît elle aussi improbable, vu l'absence d'une majorité parlementaire pour dissoudre les chambres. Seuls la N-VA, le Vlaams Belang et le PP veulent aller aux urnes avant les scrutins régionaux et européen déjà prévus le 26 mai prochain, et auxquels devraient s'ajouter les législatives.

La piste privilégiée est celle d'une démission acceptée du gouvernement Michel mis en "affaires courantes", sans dissolution des Chambres. La coalition minoritaire orange-bleu (MR, CD&V, Open Vld) poursuivrait en affaires courantes et la Chambre continuerait son travail jusqu'à la mi-avril, avant de se dissoudre comme exigé 40 jours avant les élections.

Un gouvernement en affaires courantes, c'est quoi?

Un gouvernement d'affaires courantes se doit de gérer l'État de manière prudente, en exécutant les décisions déjà approuvées mais sans engager de politiques nouvelles. Mais la définition d'affaires courantes évolue avec les pratiques, comme on a pu le constater lors de la période de 541 jours sans gouvernement de plein exercice en 2010-2011.

Quid du budget 2019?

Pour le budget 2019, qui aurait dû être approuvé ce jeudi, le changement est déjà perceptible. Sans majorité parlementaire pour l'approuver, le gouvernement démissionnaire a dû se résoudre à proposer de modifier la loi de Finances pour lui permettre d'exécuter les dépenses les plus urgentes dans les trois mois à venir (les salaires des fonctionnaires et des magistrats, les moyens de fonctionnements de la police et de l'armée, etc). A travers ce texte, l'exécutif demande aussi au Parlement l'autorisation de lever l'impôt pour toute l'année.

Les dépenses sont donc exécutées par crédits provisoires, ou "douzièmes provisoires", basés sur le budget de l'année précédente: chaque mois, on ne pourra dépenser plus d'un douzième du budget de l'année antérieure, à l'exception de certaines dépenses à effectuer en une fois, comme la contribution belge à certaines institutions internationales.

Le projet de loi de Finances a déjà été approuvé mercredi en commission de la Chambre et devrait recevoir cet après-midi le feu vert de la plénière. En principe, le gouvernement devra solliciter un nouvel accord de la Chambre dans trois mois pour le trimestre suivant.

"On a perdu assez de temps"

A la sortie, Meyrem Almaci n'a pas fait de commentaire sur le colloque singulier. Elle a tout de même déclaré être "contente que l'on mette fin ce gouvernement qui a fait si mal au pays", soulignant qu'elle n'avait pas peur d'élections anticipées mais n'était pas favorable à la tenue de celles-ci. "On a assez perdu de temps", a-t-elle ajouté.

"En juillet, on a fait de la crise provoquée par M. Lutgen une opportunité, on fera de la crise provoquée par le N-VA une nouvelle opportunité", a commenté Zakia Khattabi (Ecolo).

"Pour moi, le scénario privilégié est de fournir de la stabilité", a de son côté commenté John Crombez du sp.a, "ça devient urgent".

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