Crise politique: Koen Geens a échoué dans sa mission, à qui la faute ?

Crise politique : Koen Geens a échoué dans sa mission, à qui la faute ?
Crise politique : Koen Geens a échoué dans sa mission, à qui la faute ? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

En nommant Koen Geens comme chargé de mission il y a deux semaines, le Palais royal a proposé une piste qui en avait surpris plus d’uns. "C’était un pari risqué qui a mal tourné", constate Barbara Moens, journaliste à Politico à la VRT. Comment se fait-il que ce ténor du CD&V ait échoué après deux semaines ?

"La mission a commencé d’une drôle de manière", se rappelle Egbert Lachaert, candidat à la présidence de l’Open Vld. À la surprise générale, le Roi a déchargé les deux informateurs Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez pour laisser la place à Koen Geens. "On s’attendait pourtant à ce que Bart De Wever prenne la main", poursuit le libéral flamand sur le plateau de Afspraak op Vrijdag.

De nombreux observateurs pensaient qu’il avait de nombreux atouts pour réussir. "C’est un personnage emblématique du CD&V. Il n’a certainement pas envie de se brûler. Cela pourrait laisser entendre qu’il y a des pistes réalistes du côté du Palais. Sinon, ce serait bizarre de le nommer déjà maintenant", commentait alors le professeur en sciences politiques Dave Sinardet.


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Et pourtant…

Ce matin, presque tous les médias francophones titraient sur le ras-le-bol de Paul Magnette du "mariage forcé" avec la N-VA. Il a clairement fait à nouveau savoir que son parti ne voulait pas gouverner avec la N-VA. "C’était une sortie organisée de Paul Magnette", commente Rik Van Cauwelaert, journaliste politique à De Tijd lors de l’émission Terzake (VRT).

La faute du PS ?

Cette sortie, Koen Geens l’a bien entendue, c’est la raison pour laquelle il a rendu sa démission au Roi ce vendredi. Il pointe d’ailleurs du doigt le parti socialiste lors de sa conférence de presse de ce vendredi : "Je n’ai pas pu aboutir car la discrétion et la confiance sont tellement essentielles, que ce n’était plus possible de continuer après les déclarations de ces derniers jours. Le PS ne veut pas d’une coalition avec la N-VA et je le regrette profondément."

Le PS complique ainsi la vie de l’Open Vld et du CD&V, estime Egbert Lachaert : "À cause de la communication forte du PS, il nous est plus difficile d’opter pour une alternative, comme la coalition Vivaldi.Ces deux partis seraient alors membres d’une coalition avec une minorité en Flandre, un argument que la N-VA répète avec la régularité d’un métronome pour faire pression ses partenaires de coalition au gouvernement flamand.

La faute du CD&V ?

Au départ, le Roi avait donné une mission large au ténor du CD&V : "permettre la mise en place d’un gouvernement de plein exercice". Il était dès lors libre d’essayer plusieurs pistes : la coalition avec la N-VA et le PS ou une coalition Vivaldi. Mais le parti chrétien-démocrate flamand en a décidé autrement : "Ils se sont limités à une seule option et n’ont pas regardé plus loin", constate Egbert Lachaert.

L’éditorialiste flamand Walter Zinzen ne comprend pas l’attitude du CD&V : "Pourquoi, malgré tous ces signes de mauvais augure, le CD&V a-t-il essayé contre vents et marées de former une coalition violet jaune ?"

Neuf mois après les élections, la situation est plus que jamais dans l’impasse. Peu importe le responsable de l’échec de Koen Geens, la balle revient de nouveau dans le camp du Roi. Il consultera les différents partis ce lundi. En attendant, l’ombre d’élections anticipées se fait de plus en plus pesante…

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