Crise politique francophone: les syndicats inquiets face à l'incertitude

Crise politique francophone: les syndicats inquiets face à l'incertitude
Crise politique francophone: les syndicats inquiets face à l'incertitude - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les syndicats font part mardi de leurs inquiétudes, au lendemain de l'annonce du président du cdH Benoît Lutgen de sa volonté de ne plus gouverner avec le PS en Wallonie et à Bruxelles. L'avenir des dossiers en cours de discussions se présente désormais comme incertain, pointent-ils.

Le secteur non marchand du SETCa s'inquiète de l'avenir des discussions sur "toute une série de dossiers fondamentaux". "Le peu qui a pu être engrangé pour conclure de nouveaux Accords sociaux pluriannuels, après de nombreux mois de lutte syndicale, est perdu", dénonce dans un communiqué Christian Masai, secrétaire fédéral.

Pacte d'excellence

Pacte d'excellence dans l'enseignement, réforme de l'Aide à la Jeunesse, statut de salarié des accueillantes d'enfants, réforme des aides à l'emploi, etc. seront-ils "ajoutés à la liste des travaux inutiles?", s'interroge M. Masai. "Tout est à recommencer, dans des conditions qui s’avéreront peut-être encore plus difficiles qu'elles ne l'ont été."

Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB, souligne quant à lui l'inquiétude de voir se créer une coalition avec le MR, et des conséquences de celle-ci sur les politiques futures des gouvernements régionaux et communautaires, qui aujourd'hui "tentaient de compenser la politique très à droite du fédéral". Le secrétaire général se dit encore préoccupé par l'avenir de dossiers comme le logement et le soutien à la création d'emplois.

Pour Patrice De Brandt, secrétaire permanent CSC Services publics pour la Région de Bruxelles-Capitale, le terme d'inquiétude est même "un euphémisme", puisque "la situation est dramatique". "Ce jeu politique risque de mettre toute l'administration en péril, ainsi que la poursuite de certaines procédures et projets qui doivent passer au gouvernement" bruxellois. Alors que la Région a des défis à relever, "une nouvelle majorité pourrait prendre des décisions totalement opposées à ce qui a déjà été fait". "On pleure déjà sur le dossier des allocations familiales, qui n'a pas encore été mis en place. Et cela ne risque pas d'être le cas dans les prochains mois", réagit-il, ajoutant que de nombreux travailleurs craignent de voir leur travail dénaturé voire modifié.

Il est essentiel que ces dossiers soient finalisés pour la rentrée 

Les syndicats du secteur de l'enseignement réagissent eux en front commun mardi, pour partager leurs préoccupations quant à des dossiers tels que le protocole d'accord sectoriel, le cours de philosophie et citoyenneté dans le  secondaire et les mesures transitoires pour les enseignants du secondaire et du fondamental, la formation initiale des enseignants ou encore les adaptations du décret "Titres et fonctions". "Pour les enseignants, les élèves, leurs parents, les écoles, il est essentiel que ces dossiers soient finalisés pour la rentrée afin que ceux-ci puissent s'organiser au mieux. Ils ne peuvent subir les conséquences du vide politique."

Le front commun syndical "se tient prêt à réagir avec force contre toute mise au frigo de ces dossiers qui aura immanquablement des répercussions sur les conditions de travail des personnels".

Enfin des inquiétudes naissent aussi au sein du Syndicat des indépendants et des PME (SDI), concernant la politique économique wallonne. "Celle-ci a actuellement des odeurs de soufre et risque de faire passer au second plan toute une série de politiques économiques en faveur du redressement wallon", principalement la réforme des aides à l'emploi, la formation et la politique en faveur des PME, indique-t-il dans un communiqué. "Les petits opérateurs économiques wallons regrettent, depuis un certain temps, l'absence totale de prise en compte de leur sort et d'une véritable politique de soutien", ajoute le SDI.

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