Le CD&V accepte de négocier, Elio Di Rupo reste formateur

Elio Di Rupo à la sortie de la réunion à huit
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Elio Di Rupo à la sortie de la réunion à huit - © Johanna Geron (Belga)

Après plus de 400 jours de crise, de réelles négociations pour former un gouvernement vont enfin commencer même si les équilibres trouvés restent "fragiles". La réunion entre le formateur Elio Di Rupo et les huit partis s'est terminée vers 0H45. Le formateur s'est ensuite rendu au Belvédère pour faire rapport au roi.

Après presque 7 heures d'échanges, il a donc été convenu de négocier sur la base de la note d'Elio Di Rupo et BHV ne sera pas découplé de l'ensemble de la discussion sur la réforme de l'Etat.

"Les discussions commenceront sur ces propositions de loi sur BHV, en parallèle seront discutés les autres aspects de la réforme de l’Etat", indique le communiqué du formateur.

Cela signifie que le président du CD&V, Wouter Beke, est finalement revenu sur ses conditions initiales (isoler les négociations sur BHV et mettre le reste au "frigo") pour accepter de participer aux négociations. Wouter Beke a estimé que le CD&V avait eu ce qu'il voulait

Officiellement entré dans une phase de négociations pour former un gouvernement

"Lorsqu’un accord sera trouvé sur BHV et sur le contenu des chapitres précités, les négociations se poursuivront sur les autres chapitres de l’accord de Gouvernement. L'accord de gouvernement reprendra l'ensemble des accords réalisés", peut-on également lire dans le communiqué du formateur, diffusé peu avant 3h00 cette nuit. On est donc bien officiellement rentré dans une phase de négociations pour la formation d'un gouvernement.

Un communiqué du Palais tombé vers 2h30, faisait déjà état de "la volonté exprimée par une large majorité de résoudre les problèmes institutionnels et socio-économiques auxquels le pays est confronté".

Equilibres "fragiles" et trêve de 15 jours

Mais si l'on entre enfin dans de réelles négociations de formation, à ce stade, les équilibres trouvés restent "fragiles", indique une source proche des négociateurs.

Le communiqué du Palais indique aussi que la démission d'Elio Di Rupo a été refusée et que ce dernier est reconduit dans son rôle de formateur.

"Le Roi propose d’introduire une trêve des négociations jusqu’à la mi-août", peut-on également lire dans ce communiqué. D'ici-là, il pourrait encore y avoir l'une ou l'autre réunion technique mais il ne devrait plus y avoir de réunion de négociation à proprement parler.

Une réunion qui a largement dépassé le timing prévu

La réunion dont la fin était prévue pour 22h mais a allègrement dépassé le timing prévu.

Très peu a filtré du contenu de la réunion mais les discussions, selon certains, étaient assez tendues. L'enjeu était d'arriver à convaincre le CD&V d'accepter la méthode telle qu'indiquée par le formateur, ou alors de négocier un compromis qui permette à chacun de garder la face. Ce qui semblait exclu, c'était que les sept partis et surtout les francophones acceptent la version du CD&V à savoir négocier avant tout sur le seul dossier BHV. Dont acte. 

Sur nos ondes ce vendredi matin, la présidente du cdH estime qu'"on a trouvé le chemin méthodologique qui permet de s'y retrouver, qui n'affaiblit personne". Un chemin qui pourrait déboucher sur un "élément historique", une réforme de l'Etat "à huit partis, avec le CD&V et sans la N-VA". L'équilibre reste toujours fragile, rappelle Joëlle Milquet, "il faut être très prudent et respectueux des uns et des autres mais il s'agit ici d'une simple matière méthodologique".

"Permettre à chacun de bien se comprendre"

Après la réponse du CD&V à sa proposition sur la méthode de négociations, le formateur avait invité jeudi soir les présidents ou négociateur du PS, du MR, du cdH, d'Ecolo, de l'Open Vld, du sp.a, de Groen! et du CD&V "afin de permettre à chacun de bien se comprendre". Elio Di Rupo espèrait "qu'ensemble une méthodologie de travail commune pourra se dégager et qu'un climat de confiance pourra s'installer pour réussir les négociations".

Dans un premier temps, le CD&V a dit qu'il voulait d'abord la réponse des autres partis à la proposition du formateur. Il a ensuite fait savoir que le formateur lui avait transmis la réponse positive des autres partis et qu'il se rendait donc à la réunion.

Dès l'annonce par le CD&V qu'il acceptait de négocier dans les conditions fixées par le formateur, une divergence d'interprétation est en effet apparue. Le CD&V a indiqué qu'il accepte ce qu'Elio Di Rupo lui propose à savoir discuter d'abord uniquement sur BHV. Dans son communiqué, le formateur dit qu'on pourrait négocier "parallèlement" sur BHV et sur l'assainissement budgétaire ainsi que sur la révision de la loi spéciale de financement et plus particulièrement sur les modalités d'autonomie fiscale.

Un des objectifs de la réunion de ce jeudi était d'éclaircir ce point.

AdC, Julien Vlassenbroek avec Belga

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