Le PS dépose une proposition de loi pour baisser la taxe sur l'énergie à 6 %

Mercredi soir, le débat de l’émission À Votre Avis tournait autour de la crise gouvernementale et de la confiance qu'accordent les citoyens aux politiques.

Le weekend passé, nous entrions dans une nouvelle crise politique : la N-VA quittait le gouvernement. Elle laissait alors le Premier ministre, Charles Michel dans un coalition minoritaire, avec l’Open VLD et le CD&V, qui compte seulement 52 députés sur 150. Cela faisait plusieurs jours que le parti nationaliste flamand s’était ravisé pour s’opposer à la signature du Pacte migratoire de l’ONU, texte qui a pour objectif de renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre, ordonnée et régulière". Malgré les avertissements de la N-VA, Charles Michel s’est tout de même rendu à Marrakech pour approuver ce texte non contraignant. La menace a donc été exécutée : tous les ministres et secrétaires d’État du parti de Bart de Wever ont posé leur démission.

Lundi, la N-VA a sollicité un vote de confiance le plus rapidement possible pour la nouvelle coalition "orange bleue". Ce vote aura lieu mardi prochain et sur le plateau, Karl Vanlouwe, député Bruxellois N-VA, assure que le but de son parti n’est pas de faire tomber le gouvernement "Michel II". "Si vous changez votre programme, il faut demander confiance au Parlement. On ne veut pas du tout faire tomber le gouvernement, on ne veut pas d'élections mais pour le moment, ce n'est pas clair. Nous nous demandons si nous avons un nouveau gouvernement avec un autre programme et d'autres idées et d'autres priorités".

Des politiques à l'écoute des citoyens ?

Du côté de l’opposition, le PS se dit à l’écoute des Gilets jaunes et de leurs revendications. Le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej fait de la facture d’énergie sa priorité et dit vouloir baisser la TVA de 21 % à 6 %. "Si je dois donner une priorité, c'est la facture d'énergie. Nous, on a déposé une proposition de loi qui est prête à être votée, pour diminuer la TVA de 21 % à 6 %. Ça réduirait immédiatement de 15 % le prix de la facture d'énergie. Il suffit de la mettre en priorité si les autres l'acceptent".

Pour le MR, par contre, ce n’est pas la solution. David Clarinval, chef de groupe MR, défend plutôt le tax shift et affirme même que ce dernier rapportera plus que la modification de la taxe sur l’énergie. "Dans le budget que nous souhaitons voter la semaine prochaine, il y a la dernière phase du tax shift qui va rapporter plusieurs dizaines d'euros par citoyen. C'est la fin qui permettra d'avoir, en moyenne, plus de cent euros par citoyen. L'augmentation de la TVA que propose monsieur Laaouej, c'est en fait huit euros. Nous, par le biais du vote de ce budget, nous apportons beaucoup plus que ce que les socialistes proposent". Il ajoute que baisser la TVA n’est en fait pas réalisable puisque ce n’est pas prévu dans le plan budgétaire cité par David Clarinval.

L’existence d’un fossé grandissant entre politiques et citoyens a été évoqué durant ce débat. Le président de DéFI, Olivier Maingain voudrait rétablir cette confiance perdue en instaurant l’application de référendums. "Le référendum, oui, il faut aller vers des procédures référendaires, correctement appliquées. Je trouve que quand un mouvement citoyen, après avoir recueilli un certain nombre de signatures, vient avec une proposition de loi, une initiative pour que la loi change, il doit y avoir l'obligation d'examiner cette proposition dans les assemblées parlementaires compétentes".

Une proposition soutenue par Catherine Fonck, cheffe de groupe cdH. Pour elle, non seulement les référendums doivent être appliqués, mais il faut porter plus d’attention aux pétitions qui comptent un certain nombre de voix. Ces pétitions sont, d’après elle, délaissées. "Je plaide quand il y a des pétitions. Ces pétitions arrivent au Parlement et quelque soit le nombre de personnes qui ont signé cette pétition, elle est transmise aux ministres et mise dans un tiroir. Donc, lorsqu'il y a un certain nombre de signataires au niveau d'une pétition, il ne faut plus qu'elle soit mise en dessous du tiroir".

Pour conclure ce débat, la parole est laissée à la partie civile. Lorsque l’on demande à Nicolas Pierre, membre de "Tout Autre Chose", s’il a l’impression que les promesses citées tout au long du débat seront tenues, sa réponse est sans appel : "Ça m’étonnerait !"

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